‹ La Politique Ecclésiastique du Second Empire de 1852 à 1869Chapitre 76 sur 150 · BB1° 1,583 A3 175, 1.584 A3 295; F1, 2516, 5.803; F · texte numérisé non relu

BB1° 1,583 A3 175, 1.584 A3 295; F1, 2516, 5.803; F

incessamment à s’accroitre en nombre et en importance. Je ne crois pas, ajoute le préfet, qu'aucun intérêt réel doive être servi par cette extension démesurée (1). Nogent est aussi une « ville pieuse » ou l’évèque crée en 1854 un second petit séminaire (2).

Après la démission du vieil évêque légitimiste et gallican Clausel de Montals (1852), Regnault, assez réservé vis-à-vis du gouvernement impérial a de bons rapports avec l’administration.

Blois (3). — Le clergé ne rencontre pas dans le diocèse de Blois la même opposition que dans ceux de Chartres ou d'Orléans. Il y obtient des communes d'importants sacrifices pour les édifices paroïssiaux, et fait confier aux sœurs beaucoup d'écoles de filles, Mais quand il se mêle des affaires communales, les municipalités lui résistent. Son influence politique est faible, et décline, car les paysans l’accusent d’être légitimiste. Il lit en effet le journal légitimiste de Blois, la France Centrale, que soutiennent les grands propriétaires nobles du département, mais ne fait aucune opposition. L’évêque, Pallu du Parc, ultramontain (4), se fait un devoir, conformément à la doctrine romaine, de ne pas déplacer les desservants sans leur consentement, ce qui rend difficile la solution de leurs conflits avecles communes. Le préfet, de Soubeyran, est très favorable au clergé.

Tours (5). — Dans le diocèse de Tours comme dans celui de Blois, le clergé entretient généralement de bons rapports avec les municipalités et les populations, sans avoir beaucoup d'influence. Il a l'appui de la noblesse légitimiste, généralement ralliée, et d’ailleurs peu puissante. L'enseignement primaire congréganiste est assez répandu. Le cardinal Morlot, très conciliant et très modéré, laisse des regrets à Tours lorsqu'il est nommé à Paris. «Son administration, si sage, si douce, si paternelle, y était goûtée et appréciée ; elle convenait au caractère des habitants de la Touraine (6). » Son successeur Guibert, est comme lui dévoué au gouvernement et a de bons rapports avec l'administration. Cependant, le préfet trouve que le clergé «se montre plus difficile

(1) F1e IIT'/Eure-et-Loir 7, 10 avril 1859.

(4) Le grand séminaire est dirigé par les Jésuites, mais une partie du clergé reste gallicane (Pouplard : Vie du R. P. Fessard). Le gallican Guettée est originaire du diocèse de Blois. (Voir ses Souvenirs.)

(5)BB°0 382 ; F2° 2.555 Morlot, 2.556 Guibert, 5.868 ; F1? 9.986, Poitiers. Voir bibliographie : épiscopat, Guibert ; Houtin : Ævêques el diocèses, première série.

(6) Fe III Indre-et-Loire 7, 9 avril 1857.

MAURAIN. — POLITIQUE 19

et plus exigeant, et cherche à peu près partout dans Îles campagnes, à substituer son action à celle des maires ». Le préfet s'inquiète aussi du développement des associations religieuses «qui, prenant la charité pour prétexte exercent sur notre société tout entière une regrettable influence », et servent, d’après lui, la cause légitimiste (1). Il demande le déplacement de l'ingénieur en chef des mines Descottes « chef fanatiquede la société de Saint- Vincent de Paul (2) », et finit par l'obtenir. Il déclare que l'opinion commence à se préoccuper des progrès de l'influence cléricale.

VEII == LerCentre

Dans le Centre comme dans la région parisienne, le clergé a peu d'influence, et il s’y recrute à peine mieux, mais sasituation y est un peu différente. Le danger révolutionnaire y est plus sensible : les républicains démocrates, très nombreux et très ardents se sont insurgés en décembre 1851 dans la Saône et Loire, la Nièvre, l'Allier et le Cher. L'administration et les conservateurs, pour prémunir les populations contre la propagande révolutionnaire, cherchent à accroître l'influence de l’Église, et en particulier à développer l’enseignement primaire congréganiste. Leurs efforts ne produisent d’ailleurs pas les résultats qu'ils en escomptaient (3).

Autun (4). — Les populations de Saône-et-Loire sont peu religieuses. Le clergé cependant s’y recrute mieux et y est plus considéré que dans le reste de la Bourgogne. Il à une certaine influence dans l’arrondissement d’Autun, qui fait partie du Morvan, et où se trouve l'évêché. Ailleurs il ne joue pas de rôle politique, et les municipalités lui résistent quand il tente de diriger lës communes. Mais 1l réussit à développer considérablement l’enseignement congréganiste. De 1852 à 1856, le nombre des écoles de frères passe de 12 à 38 (5). En 1857 plusieurs instituteurs congréganistes sont condamnés pour attentats à la pudeur commis sur leurs élèves. Les populations, qui avaient toujours été peu favorables aux frères, réussissent dès lors à arrêter leurs ) Fic IIT Indre-et-Loire 7, 12 janvier 1859.

) Fe III Indre-et-Loire 11, 28, décembre 1858.

3) Sur le diocèse de Moulins, voir chap. IX, $ $3 et 5.

4) BB°0 366, 377 ; F1° 2.522, Devoucoux, 2.526, Bouange, 6.178, de Marguerye, 9.781, 6.253 ; F17 9.986, Lyon. G. Delmas : Vie de Mgr Bouange, 1885, 2 in-8° ; Hou-

Lin : Évéques et diocèses, première série.

(5) Fi° 6.253.

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