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progrès qui commençaient d’ailleurs à préoccuper l’administration. De 1856 à 1859, le nombre de leurs écoles ne s’accroit pas, Le collège de Charolles, cédé aux Maristes en 1852, est rétabli en 1858. L’évêque, de Marguerye, « est un homme de belles manières et un habile homme, un peu souterrain, d’un dévouement plus bruyant que sincère. mais empressé et adroit à la flatterie, ayantaccèsjusqu’au cabinet de l’empereur etsachant en profiter (1)».
Nevers (2). — Les insurrections républicaines de la Nièvre ont été durement réprimées (3). L'administration, uniquement préoccupée de la lutte contre les révolutionnaires, s'appuie sur la noblesse légitimiste et sur le clergé. Les préfets développent beaucoup l’enseignement congréganiste. Le recteur, un prêtre, Sergent, trouve qu’ils vont trop loin dans cette voie (4).
Sauf dans le Morvan (arrondissement de Château-Chinon), le peuple reste indifférent et rebelle à l'influence d’un clergé médiocre à tous égards par suite de son mauvais recrutement (5). La « grande préoccupation » des curés «est de se procurer la plus grande somme de bien-être matériel et c’est à la suite d’exigences engendrées par ce sentiment... que se produisent des conflits ». De plus, leur conduite « prête souvent au scandale (5) ».
L’évêque Dufêtre est favorable au gouvernement mais de caractère difficile, d'autant plus que son désir d’être promu archevêque est plusieurs fois déçu. Préoccupé surtout de ses prédications et des congrégations de femmes qu'il dirige, il abandonne la direction de son diocèse àses vicaires généraux, surtout à l'abbé Crosnier qui est impopulaire et mal vu de l’administration. Les relations entre la préfecture et l'évêché deviennent mauvaises. Le préfet, de Magnitot, trouve que le clergé ne lui prête qu’un concours insuffisant dans les élections, et surtout dans l'élection législative partielle de 1859 où le candidat
(1) F29 6.178, 28 octobre 1856 ; Falconet à Rouland.
(2) F1° 2.547 Dufêtre, 2.564 Sergent, 1.932 (5 novembre 1859, Champrobert à Rouland), 6.253 (mémoire de Dufêtre, mars 1857) ; F17 6.224, 9.986. Crosnier : Vie de Mgr Duÿétre. H. Taine : Sa vie el sa correspondance, L, I.
(3) Dufêtre demanda des mesures de clémence à Louis-Napoléon : « Le prince président paraît aussi étonné qu’affligé de ce que je lui raconte de la sévérité déployée contre les socialistes de la Nièvre » nota-t-il. (Cité par Crosnier.)
(5) Le recrutement local étant insuffisant, les précédents évêques avaient fait venir des prêtres auvergnats et bretons qui réussirent très mal (K?< III Nièvre 5, 1er avril 1859). ,
(6) Fe III Nièvre 5, 1er avril 1859).
officiel, Montjoyeux, est protestant. Mais la défection du clergé montre qu'il a peu d'influence. Montjoyeux est élu par 25.204 voix, tandis qu’en 1857, le candidat officiel soutenu par le clergé n’en avait eu que 21.503. Ce résultat est dù en grande partie à l’activité déployée par les instituteurs (1).
Bourges (2). — Le clergé est très peu influent dans le diocèse de Bourges. Dans le Cher, le cardinal archevêque, Dupont, très
dévoué au gouvernement, et en bons rapports avec l'admimis-
tration, surveille de près les curés, qui ne suscitent pas de difhicultés administratives. Dans l'Indre, où l'autorité épiscopale se fait moins sentir, ils tentent souvent de diriger les communes ; les municipalités leur résistent, avec l'appui de la préfecture. Ces conflits «sont plutôt pour l'administration une cause d'ennuis que de préoccupations sérieuses (3) », le clergé ayant peu d'influence, surtout dans l'arrondissement d'Issoudun où « l'irréligion est la plaie du pays (4) ».
Dans le Cher, où les républicains se sont insurgés en décembre 1851, l'administration préfectorale est favorable aux congrégations : aux frères, bien que le recteur les juge inférieurs aux laïques ; aux Dominicains, qui, à partir de 1S06, dirigent le petit séminaire ; aux Jésuites, qui ont une résidence à Bourges. Ces congrégations ont d’ailleurs peu d'influence et ne s'occupent pas de politique. Dans l'Indre, où le parti républicain est beaucoup moins menaçant, les préfets, d'accord avec le recteur, et avec l'appui de l'opinion, défendent les instituteurs laïques contre les attaques des curés tout en traitant les frères avec bienveillance. Ils sont peu favorables aux Rédemptonistes, qui, en 1854 s’établissent à Châteauroux, et aux conférences de Saint-Vincent de Paul, que dirigent des adversaires du gouvernement.
Limoges (5). — Le clergé a peu d'influence dans le Limousin, en partie à cause de l’émigration saisonnière : « Les ouvriers maçons et chaudronniers, après leurs excursions dans les grandes villes ne rapportent pas au logis toutes les convictions religieuses qu'ils avaient au moment du départ (6). »
F2? 9.986, 20 janvier 1859.
F1 5.796, 30 juin 156.
F'e III Indre 5, octobre 1855, rapport du sous-préfet d’Issoudun. F:
Texier.
(6) F1? 9.986, Clermont, 15 avril 1SSS.
L'évêque Buissas est dévoué au gouvernement, dont il sollicite âprement les faveurs (1), mais il est assez peu conciliant avec l’administration. Comme dans le diocèse de Bourges, c’est surtout dans le département où ne se trouve pas l’ évêché. que le clergé, moins surveillé, donne lieu à des scandales et suscitedes difficultés. Le préfet de la Creuse, de Villesaison, peu bienveillant pour le clergé, trouve qu'il «laisse beaucoup à désirersous tous les rapports. Bien qu’en politique il n'ait aucune influence sur les populations, parses exigences etsoninintelligence, il cause de très sérieux embarras (2) …» Plusieurs communes de l'arrondissement d'Aubusson cherchent à faire venir des pasteurs protestants, tant elles sont mécontentes, de leurs curés. En 1857, Desprez succède à Buissas. Il administre le diocèse avec plus de fermeté, et en meilleur accord avec l’autorité civile. Il sévit contre plusieurs prêtres déconsidérés, et les conflits entre curés.et maires deviennent plus rares.