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(4) À Rouland, le 4 janvier 1862 (F1° 2.575).
(b) Voir Correspondance diplomatique, 13 février 1862. Falloux, d’après Rouland, aurait confondu David avec un prêtre, son homonyme, connu pour son immoralité. Surtout Falloux avait reproché à David d’avoir aidé le gouvernement à s’assurer le sontrôle de l’'Ami de la Religion, ce que Rouland déclarait inexact. Le supérieur de Saint-Sulpice, Carrière, écrivait le 4 mars 1862 à Icard : « Le pauvre Mgr David a eu bien à souffrir el Lout à fait à Lort. » Il a été attaqué « d’une manière indigne et qui serait incompréhensible si on ne savait jusqu'où peut mener l'esprit de parti. » {AB XIX 512).
(6) Voir F1° 6.209, 23 octobre 1868, Rigault de Genouilly à Baroche, F1° 2.499.
(7) Par une lettre à un président de chambre à la Cour de Paris, de Gaujol, conseiller général de l'Aveyron, qui le recommandait à Rouland (F:° 2.499)
Si je suis nommé à la Guadeloupe, je ne recevrai dans mon séminaire que des prêtres exclusivement soumis à leur évêque, et marchant avec lui dans la voie de la loyauté et de la soumission aux lois de l’État. » L’évêque de Rodez, Delalle, avait d’ailleurs approuvé la nomination de Boutonnet.
Enfin, Rouland nomma le 12 août 1862, évêque de Coutances, un vicaire général de Sens, Bravard, gouvernemental et gallicar qui fut préconisé malgré les démarches du cardinal de curie Villecourt (1).
Bravard avait été recommandé à Rouland par un sénateur, un député et plusieurs autres laïques. De même, Nogret avait été recommandé par Taschereau, Boutonnet par Gaujol, Bernadou par les anciens gouverneneurs de l’Algérie, Randon et Pélissier ; Rouland, tout en prenant généralement l’avis des évêques, choisissait de plus en plus les candidats à l’épiscopat d’après les renseignements fournis par les préfets et par des laïques haut placés. Il tenait aussi grand compte de l’avis de Maret (2).
On peut rapprocher de la nouvelle politique suivie par le gouvernement en matière de nominations épiscopales la mesure dont il frappa, en avril 1862, la Correspondance de Rome (3). Après que son journal eût été supprimé en 1852 (4), Chaillot avait gardé à Rome une réelle influence. À partir de 1855, il publia un périodique mensuel rédigé en français, malgré son titre latin, les Analecta juris pontifici où il défendit l’ultramontanisme le plus extrême. A Ia fin de 1860, il reprit en outre la publication de la Correspondance de Rome « qui n’est pas plus exagérée dans ses doctrines, mais qui, par ses articles politiques et sa publicité plus régulière et plus fréquente peut offrir plus de dangers » (5). L'administration des Cultes s’en inquiéta : «… La publication tout entière . est hostile aux principes de notre gouvernement, et on le sent à chaque mot... Tout tend à exalter au delà de toute mesure la puissance pontificale eb à
(1) F19 6.176, Rouland écrivit à Bravard le 11 octobre. « Je savais la conduite assez tortueuse de M. le cardinal V., mais il n’y a chez lui que des veiléités, et pas d'énergie, ce qui serait grave, car il voit mal les choses et les hommes. Au reste, nulle objection n’a été articulée de près ou de loin de Rome à nous. » En effet, Villecourt, bien que très hostile à la politique gallicane du gouvernement, et bien placé pour la contrecarrer ne semble avoir joué qu’un rôle peu important.
(2) Aucun des cinq évêques nommés en 1862 n’appartenait au clergé de Paris.
(3) F1° 1.931. Correspondance diplomatique, mai-juin 1862 : Ces documents sont reproduits dans ma seconde thèse : Le Saint-Siège el la France, premier appendice.
(4) Voir chap. III, $ 1er. | :
(5) 14 mai 1862, Rouland à Thouvenel, F1° 1.931 et Correspondance diplomatique
annihiler devant elle toutes les autres puissances... Elle montre en outre ses préférences légitimistes.. » (1) Un article sur les nominations épiscopales mécontenta particulièrement Rouland (mars 1862). La Correspondance de Rome considérait le droit du gouvernement comme «une pure concession du Saint- Siège », et elle proclamait que le pape avait le droit de refuser à son gré l'institution canonique : « Ce serait un subterfuge misérable que de restreindre. le droit de refus au cas d’indignité ou d'incapacité canonique. »
A la demande de Rouland, Persigny interdit le 6 avril l'entrée en France de la Correspondance de Rome. Chaillot proposa au chargé d’affaires de France à Rome, Bellune, si cette mesure était rapportée, d'apporter dans son journal « la plus grande réserve, et même une réserve favorable au gouvernement de l’empereur... M. Chaillot, ajoutait Bellune, est camérier secret du pape, consulteur de la congrégation des Évêques et Réguliers, et chargé plus spécialement des affaires de l’épiscopat français. C’est peut-être un homme à ménager » (2). Mais Rouland dénonça comme un grave danger le centre d’action ultramontaine formé à Rome par quelques prêtres français. « … Cette petite église.., qu’on signalait en 1852 au cardinal Antonelli. cette coterie.. subsiste toujours, elle est plus ardente et plus entreprenante que jamais et. Mgr Chaillot... y joue un rôle considérable au grand détriment de l'influence française et de l’autorité épiscopale. » Il refusa d’ajouter foi aux promesses de Chaillot et d'accepter la transaction proposée.
La politique du gouvernement impérial s’inspirait de plus en plus des principes gallicans.