‹ La Politique et le siège de ParisChapitre 10 sur 13 · ASSEMBLÉE NATIONALE, SÉANCE DU 2 JUIN · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE NATIONALE, SÉANCE DU 2 JUIN

« GÉNÉRAL Trochu L'uiî des membres du Conseil me

a dit : — Général, si vous consentez à être Ministre de la guerre, <c demain, à votre nom se rallieront les Officiers et les Soldats, tt L'ordre pourra être maintenu dans Paris.

« Je répondis qu'avant de prendre une telle résolution, je devais tt aller rendre compte de ce qui se passait au Minisire de la guerre, a de qui je dépendais ; et immédiatement je me rendis au Minisa tère, où je trouvai le Général de Palikao livré à une profonde a douleur. Il croyait que son fils, le colonel de Montauban, offio cier de mérite, avait été tué à Sedan. Il me reçut cette fois o arec la plus grande cordialité.

tt — Général, me dit-il, la révolution est un fait accompli ;si a vous ne prenez pas la direction des affaires (militaires), tout « sera perdu; si vous la prenez, tout sera peut-être encore « perdu, mais les troupes iront à vous. »

D'oii il résulte que ce discours à la Tribune, que le Rapporteur cite (sans le produire) comme une preuve contre moi, est un témoignage accablant contre lui ! Et encore avais-je négligé d'y introduire (en raison de sa grande étendue) certains détails qui me semblaient alors très-secondaires et que le Rapport de M. le Comte Daru

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rend à présent très-intéressants. J'omis notamment de dire que le Général de Palikao, dans une expansion dont les termes, à deux jours de là, devaient se retrouver dans une lettre autographe aujourd'hui fort connue (Bruxelles, 6 septembre), me rappela que nous étions d'anciens camarades et me recommanda instamment sa famille.

Ainsi, il est déjtà acquis par mon témoignage :

1° Que lorsque je me suis rendu auprès du Général de Palikao, que je tenais pour mon Supérieur hiérarchique malgré la Révolution du 4 Sepjtembre^ je n'étais encore m Ministre de la guerre, ni Président du Gouvernement, ni rien ;

2° Que j'allais lui exposer la grandeur des périls de la situation, pour avoir son approbation en vue du Ministère de la guerre, c'est-à-dire de sa succession que le nouveau Gouvernement me pressait d'accepter ;

3° Que le Général de Palikao, loin de s'étonner à bon droit de cette marque imprévue de déférence, comme l'insinue bienveillamment M. le Comte Daru, la prit fort au sérieux, même au sérieux attendri, puisqu'il me recommanda les intérêts qui lui étaient chers.

Mais ce témoignage, me dira le Rapporteur, vient de vous ; il n'est pas désintéressé. Voici les témoignages désintéressés :

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