‹ La Politique et le siège de ParisChapitre 6 sur 13 · ASSEMBLÉE NATIONALE, SÉANCE DU 13 JUIN · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE NATIONALE, SÉANCE DU 13 JUIN

(Journal officiel),

« GÉNÉRAL Trochu. = . . Crovez bien. Messieurs, que, d'an- 0 cienne date, je savais (en prenant la direction des affaires à « Paris) la destinée où j'allais. Depuis quinze ans, j'avais le rôle 0 de Cassandre (1), je devais finir comme elle; jugez-en :

« Avant les hostilités, dans les premiers jours de juillet 1870, « je me présentai chez un homme considérable dans la politique « par l'honorabilité de sa vie publique et privée. C'était cela qui « 1 avait désigné à mon choix.

« — Monsieur, lui dis-je, la France, l'Empire et l'Armée mar- .( chent à la défaite. J'en ai dit la raison dans l'écrit que je « vais vous lire. Je vous demande de fentetuhe, pour qu'un jnvr « vous soyez mon témoin.

a La Providence a voulu que cet homme fût aujourd'hui notre « collègue. Je ne l'ai jamais revu depuis ce jour-là. Je ne lui ai ot jamais rappelé ce souvenir. Comte Daru^ soyez mon témoin. »

[Mouvement prolongé.)

Le Comte Dam, sans se lever et sans parler, acquiesça en s'inclinant.

(1) Cassaudre avait prédit à Tannée Troyenne ses défaites, à Troie sa destruction. Ces calamités venues, elle fut outragée et mise à mort.

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Tels étaient les paroles qu'entendait et le fait que constatait l'Assemblée nationale, en séance publique, le 13 juin 1871, au milieu de rémotion générale. J'en donne ici l'explication :

Au moment où la guerre devint certaine, l'esprit rempli des convictions que j'avais exprimées dans un livre vieux de quelques années {l'Armée française en 1867), j'étais livré aux plus douloureux pressentiments. Je croyais à la défaite (non pas au désastre), et je sentais que le Pays, liors d'état d'en discerner les causes, ne supporterait pas les revers du Drapeau et les imputerait, comme toujours, aux Généraux.

Tous les jours, je faisais à mes amis ces confidences attristées; mais en même temps, j'avais le sentiment que leurs efforts pour me défendre contre les imputations de la foule, quand les calamités que je prévoyais auraient accablé le Pays et ses défenseurs, n'auraient pas l'autorité des témoignages désintéressés. Je voulus m'assurer celui de M. le Comte Daru, et mettant par écrit mes vues sur la guerre qui allait commencer, j'allai lui en donner lecture. En voici le résumé :

« J'ai fait connaître, en 1867, l'état vrai de l'Armée « Française, au point de vue des principes, de l'organisa- « tion, de la préparation. Sous ce dernier rapport, tout « est à faire, avec des moyens qu'il faudra improviser. « Il est impossible, par exemple, que la rapidité de notre

(( mobilisation qui est hérissée de difficultés et même c( d'impossibilités matérielles, puisse approcher de la tr- « pidité de la mobilisation Prussienne qui s'est réalisée (( sous nos yeux, en quelques jours, pour Sadowa. Et (( comme Toftensive est la règle absolue des entreprises « de guerre Prussiennes, c'^est sans doute sur notice terri- « toire qu' auront lieu les premiers chocs. Ce serait un grand « malheur, qui deviendrait un désastre, si nous perdions (( là une première grande bataille. Comment en répïirer « les effets ? Nous n'avons pas de relais d'armée ; tout a sera en ligne en même temps. Pains n'est qu'à quelques « jours du théâtre de la crise. Je frémis à la pensée de la «grandeur de ce désarroi. Nos dévouements y seraient (( impuissants, nos réputations perdues. Je viens vous (( dire ces choses. Monsieur, parce que je ne puis pas (( résister à l'impression que j'en reçois et pour qu'un (( jour vous attestiez que je vous les ai dites. » Le Comte Daru demeura calme et môme froid : (( Vous voilà, Général, bien pessimiste, — il y avait di\ ans que je m'entendais appliquer ce qualificatif. — « Je conviens avec vous qu'il y a de la hâte en tout ceci, (i que IWrmée aura peu de temps pour se former, enfin (( qu'il y a à dire ; mais en vérité, vous doutez trop de (( nos moyens et de nos aptitudes. Si nous avions sur les " bras plusieurs armées, une coalition, je partagerais vos " inquiétudes, mais il s'agit d'un duel avec la Prusse, et

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(( il me semble que nous pouvons envisager la crise avec (( plus de tranquillité que je ne vous en vois. »

Est-ce par hasard que le Comte Daru ainsi averti, que le Comte Daru l'un des promoteurs du Plébiscite qui fut le véritable point de départ de la déclaration de guerre du 15 juillet, — au lieu de me rendre le témoignage qu'il me devait, quand les malheurs de la guerre m'eurent imposé le sacrifice et les épreuves qu'on sait, — me rend le témoignage qu'on lit dans toutes les pages de son Rapport (dans les lignes et entre les lignes) ?

Est-ce par hasard que tous les Ministres et ayants cause de l'Empire se sont succédé devant la commission d'enquête, diffamant à huis clos et sans contradiction les victimes politiques et militaires de la guerre ?

Non ! Il s'agissait, je Tai dit ailleurs et je veux le répéter ici, de remplacer dans la mémoire et dans la colère publiques le 15 Juillet par le 4 Septembre, et les hommes qui ont voulu la guerre sans la faire, par les hommes qui Vont faite sans l'avoir voulu. « Le tour est joué, » comme on dit vulgairement. Déjà l'Empire est officiellement candidat, et le Pays l'aura si, pour son malheur, il le mérite, car c'est la loi. Mais ce jour-là^ la vérité et la justice obligées de se cacher comme au lendemain du coup d'État, ne mourront pas Elles reparaîtront vengeresses comme en 1870, et puisse alors le Pays ne pas périr !

M. le Comte Daru reste à mes yeux a l'homme considérable dans la politique par Thonorabilité de sa vie publique et privée » à qui, avant la guerre, j'ai demandé d'être mon témoin. Mais ce n'est pas cet homme-là qui a conduit l'Enquête ; c'est l'ancien Ministre de l'Empire, cédant à la passion politique, avec un entraînement qui a souvent inquiété ceux de ses collègues qui avaient d'autres visées en poursuivant le A Septembre. Je le dis ici, parce que, membre de l'Assemblée nationale, je le lui ai dit à lui-même, à propos de l'Enquête, dans une circonstance grave dont il a certainement gardé le souvenir. . .

La forinne des peuples commence par lï'pée ei fiiiil par la discussion.

Le Rapport de M. le Comte Daru diftere notablement, dans la forme, du Rapport de M. de Rainneville que j'ai analysé et auquel j'ai répondu dans une première pétition. M. de Rainneville procède violemment, injurieusement, et il va droit au but qui est de mettre en cause,

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comme il l'annonce lui-même, les personnes; et jamais, je pense,, dans un document parlementaire, la passion politique et personnelle n'eut moins souci de se déguiser.

M. le Comte Daru, par tempérament et par système, est plus modéré. Il ne lâche pas la proie, mais il ne la met pas en pièces, laissant ce soin au lecteur du Rapport, à qui d'ailleurs il en fournit libéralement les moyens, par des insinuations dont la forme est sérieuse et douce, dont le fond est amer et profondément blessant. Son travail — un livre tout entier et fort étudié — renferme, par surcroît, des théories sociales, politiques, de Gouvernement, sur les révolutions, sur la guerre, sur les armées et sur le commandement des armées, etc., terminées par un appel à la concorde et à toutes les forces vives, morales et intellectuelles du Pays, pour sa régénération future, ensemble où se rencontrent des principes et des sentiments qu'assurément je ne contredirai pas. Mais les faits sont loin de répondre à la doctrine, et j'affifme qu'un Rapport connue le sien, moins offensant par ce qu'il dit que parce qu'il ne dit pas, ne peut manquer, malgré son apparente modération, de provoquer de légitimes ressentiments et d'ajouter beaucoup aux difficultés de la concorde.

Mais depuis que la Commission d'enquête a parlé par ges premiers Rapports, et depuis que j'ai fait à ces Rapports une première réponâd,degrévélatiôii§dôulûurêusêi

iO LA POLITIQUE ET LE SIÈGE DE PARIS

et que, pour mon compte, je n'aurais pas souhaitées, ont apporté au Pays des éléments certains d'information, d'examen, de comparaison et de contrôle, avec lesquels l'Enquête va avoir à compter.

Les révélations du procès qui s'est jugé à Versailles ont tout ce qui manque aux révélations du procès qui s'est instruit dans le huis clos de la Commission d'enquête : la publicité des débats et la contradiction des témoignages par la confrontation des témoins. Là, aucun intérêt n'a pu accabler l'intérêt qui lui était opposé, sans que celui-ci fùl admis à se défendre ; aucune assertion fausse ou hasardée n'a pu se produire, sans qu'elle fût immédiatement relevée; et si les rancunes d'homme à homme, les colères personnelles ou politiques, le besoin d'avoir un rôle, et enfin les passions si diverses qu'excitent inévitablement de tels débats, se sont fait jour, ils ont pu être jugés par le Tribunal et par le Pubhc.

Ce n'est pas moi, assurément, dont tous les principes se résument dans le sentiment et dans la pratique du respect, qui ramènerai l'attention publique sur une cause qu'ont entourée dans le Pays tant d'émotions passionnâmes.

Mais je parle pour la vérité et pour la justice, et j'ai le droit de montrer comment ce procès leur a déjà fait leur part, en vertu des retours de la loi morale dans lesquels je n'ai jamais laissé échapper l'occasion de déclarer

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que j'avais foi. Il y a là des enseignements qui parlent cVeux-mêmes.

Ainsi, dans une première pétition, à l'aide des seules lumières qui fussent alors à ma disposition pour juger, j'avais dit qu'une conspiration s'était formée au sein du Gouvernement pour empêcher, en août '870, le Maré^ chai de Mac-Mahon de se replier avec son Armée sous Paris, et qu'elle avait rendu vains tous nos efforts pour obtenir la réalisation de cette dernière chance de salut.

Le procès a plus que confirmé mon dire. Non-seulement il a révélé la conspiration, mais il l'a saisie sur le fait. Il l'a montrée à l'œuvre par les agents et par les moyens qu'elle employait. Il a prouvé jusqu'à l'évidence que les influences qui avaient voulu cette guerre dans l'intérêt dynastique en ont, du commencement à la fin, subordonné l'exécution à l'intérêt dynastique, et que, du commencement à la fin^ elles ont été le fléau de la situation et la ruine de la guerre.

En second lieu, les Rapports de la Commission d'enquête, dépouillés de l'argumentation compliquée et des accessoires politiques ou philosophiques qui les surchargent, se réduisent, en ce qui me concerne, à ceci :

Vous avez eu tort [selon les modérés), vous avez manqué

1 2 I A l' o I. rr ! o r i: r r i k s i f- c. î-: dv. paris

« roà' devoirs {selon les violents), en déférant aux instances du Gouvernement de la défense nationale qui réclamait votre concours. Uahord^ vous étiez un fonctionnaire de l'Einpire, et puis vous ne deviez, dans aucun cas, même V ennemi prêt à investir Paris, même V anarchie prête à s'y établir, prendre la direction de ce Gouvernement né d'une révolution.

En un mot, les Rapporteurs de l'Enquête sont nettement et unanimement d'avis que, à l'imitation d'un Officier ^'énéral de l'Armée de Metz, dont la déclaration, d'une crudité imprévue, a ému jusqu'à l'indignation l'auditoire qui se pressait à Trianon, je devais, appelé à la rescousse après l'écroulement de Sedan, par le Gouvernement de la défense, dire moi aussi :

« Je n'avais pas affaire à ces gens-là. »

C'est en effet par ces paroles, qui resteront historiques, je l'espère, que ce dévoué serviteur de l'Empire, répondant à une pressante question du juge, a entendu se disculper de n'avoir donné, arrivant de Metz à Versailles, aucune nouvelle de l'Armée de Metz au Gouvernement de la défense nationale affamé de nouvelles et en demandant partout !

Eh bien, la Commission d'enquête a eu sous les yeux le spectadu qu'uni offert au Pays, devant la justice, des

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hommes de tout rang qui ont pensé et qui ont agi selon l'esprit et selon le cœur de l'Enquête, dans une situation pleine des mêmes angoisses, non pas des mêmes difficultés et des mêmes périls que celle qui nous était faite à Paris. Ils sont restés fonctionnaires de l'Empire, flottant entre la Dynastie disparue et la France agonisante, allant de Tune à l'autre dans un trouble qui désorganisait à la fois la direction et l'action, enfin amenés par la force des choses à introduire à chaque instant, dans ce déplorable problème, Fennemi devenu en quelque sorte jour par jour le régulateur de la catastrophe !

Ah ! le drame de cette guerre fut profondément douloureux et humiliant pour notre vaillante Armée! moins douloureux et humiliant peut-être que ne Fest, pour le Pays tout entier, après de telles calamités, l'interminable série des procès et des enquêtes qui se sont poursuivis et se poursuivent encore, après trois ans, devant lui et devant l'Europe. Procès, croit-on, des individualités, surtout des partis qu'elles représentent. Procès, en réalité, de la guerre contre FAllemagne et de ceux qui l'ont voulue, procès des institutions et des mœurs, procès des caractères, procès de notre décadence I

Que la France eût été mieux inspirée, en prenant à son compte ces procès, origine, pour le présent et pour l'avenir, de tant de mortelles oflènses, de colères et de haiiidâ ; en loi couvrant de m propre responsabilité, û

évidemment engagée avant toutes les autres ; en abaissant son orgueil devant ce ferme sentiment de dignité «qui « conduit les nations vaincues à faire un retour sur elles- (( mêmes, à rechercher et à confesser leurs erreurs pour « en réparer les effets ! )) La France, honorant ses malheurs par cette haute attitude, aurait moralement repris son rang aux yeux du monde à l'heure où j'écris. Elle serait à la confiance, k la paix, au travail, au lieu d'être à la discorde et à cette situation précaire, incertaine, pleine de périls, que les petits esprits et les petites passions, l'emportant sur les grands esprits et les grandes passions, lui ont faite !

Mais là ne s'arrêtent pas les contradictions de principes entre la Justice du Pays (par FArmée) et la Justice du Pays (par la Commission d'enquête). Le tableau qui suit énumère quelques-unes de celles qui ont le caractère le plus frappant, et montre l'embarras où sera désormais la France pour choisir entre les deux vérités et les deux justices, absolument contraires, que consacrent les pouvoirs publics :

PÉTITION A LASSEMBLÉE NaTIONALE

lo

Justice de l'Armée.

Elle accuse le Commandant en chef à Metz':

1... D'avoir continué ses rapports avec l'ancien Gouvernement, après avoir, en fait, reconnu le nouveau par la notification de son avènement aux troupes; ei lorsque ces rapports, ainsi que les négociations - entamées avec l'ennemi à leur sujet, étaient rompus, « de ne s'être pas lus- « pire desénergiques résolutions « du Gouvernement de la dé- « fense nalionnle. »

(Acte d'accusation.)

j D'avoir fait proposer à

M. de Bismark, à Versailles, une Convention en vertu de laquelle l'Armée de Metz aurait la mission « de contribuer à lavénenient a d'un pouvoir régulier et légal, « c'est-à-dire de joindre ses ef- « forts à ceux de rennemi pour « renverser le Gouvernement qui « luttait pour ïHndèpendance a nationale. «

(Acte d'accusation.)

i D'avoir manqué à tous

ses devoirs envers la France, en ne se mettant pas en communication avec le Gouvernement de

Justice de l'Enquête.

Elle reproche au Commandant en chef à Paris :

1... De ne s'être pas préoccupé, dans le désastre, de saqualité d'Officier général Gouverneur de Paris au titre de l'Empire, en entrant en communication avec le Gouvernement de la défense nationale dès que celui-ci a réclamé son concours; et non content (Rapport de M. de Rainneville) de rester Gouverneur de Paris, d'avoir pris la présidence du Pouvoir nouveau, sans s'inquiéter des précédents politiques de ses collègues en Gouvernement et de la forme de ce Gouvernement ; sans s'inquiéter de la révolution (par l'envahissement du Corps législatif de l'Empire) qui venait d'avoir lieu ; ne reçu • lant pas plus que ses collègues (Piapport du Comte Daru) « dett vant une solidarité manifeste a avec les hommes qui avaient « fait cette révolution. »

(Résumé des Rapports d'enquête.)

IG

Justice de l'Armée.

la défense nationale, « car, en a ce moment suprême, quHmpor- « tait la question de la forme du « Gouvernement? »

(Acte d'accusation.)

Elle accuse le Commandant en chef à Metz :

2... D'avoir eu de continuelles relations avec les Généraux ennemis; d'avoir reçu personnellement et même d'avoir communiqué aux troupes des avis venant de l'ennemi, en violation de la loi militaire, qui s'exprime ainsi sur ce point : « Le Commandant « d'une Place assiégée doit res- « ter sourd aux avis que Ven- « nemi lui fait parvenir. « (Acte d'accusation.)

Justice de l'Enquête.

Elle reproche au Commandant en chef à Paris :

2... De s'être ohstinément refusé à entrer en relation avec les Généraux ennemis; d'avoir été sourd aux avis qu'ils lui faisaient parvenir ; d'avoir notamment répondu de très haut à l'avis que lui adressait le Général de Mollke pour l'informer de la défaite de nos troupes devant Orléans, offrant de donner un sauf-conduit à un Officier pour la constater ; d'avoir montré en cette occasion « une résistance inflexible »

dommageahle à l'intérêt public, qui voulait qu'on traitât, alors (dit M. le Comte Daru, Rapport, p. 487) a que le Général de Moltke 0 TENDAIT LA MAIN au négocia- « leur français (1). »

(Piésumé des Rapports d'enquête.)

{i) 4"espêre que w « Tenpaït lA main « de l'Enquête, restera bisieriq^ç çoffiine le I Jh ï<k\m l'Ai hïfkxm a un diNH^A • du piôcèi â@ TriaBô&i

Justice de l'Armée.

Justice de lExquète.

Elle accuse le Commandant en Elle reproche au Commandant

ef à Metz .• en cJief à Paris :

o . . D'avoir réuni ses Généraux pour obtenir leur adhésion , en leur faisant un récit très-exagéré (suggéré par l'ennemi) des désordres auxquels la France était livrée, et des manquements de toute sorte qui paralysaient l'Armée de Metz, « en leur cachant « toutei les circonstanc s qui « étaient de nature à leur inspis rer la résolution de reprendre a la campagne. »

(Acte d'accusation.)

3... D'avoir réuni ses Généraux, la situation de Paris étant à leur avis désespérée, pour insister sur le devoir qu'ils avaient tous de combattre jusqu'à la dernière heure ; d'avoir opposé aux opinions contraires ces paroles imprudentes : « Assez de capi- « tulations, assez de milliers de « fusils livrés. Quant à moi, je « ne jetterai pas- datis les bras « de l'ennemi la dernière Armée « française. J'ai dit que je ne « capitulerais pas, — avant que la famine ait accablé Paris, « — je ne capitulerai pas. « (Rapport d'enquête de M. de Rainneville.)

3. .. D'avoir, plus tard encore, persisté dans la même obstination, en tenant ce langage en Conseil (au moment où la population et le Gouvernement luimême se tournaient contre lui) :

« La foule veut des victoires, « je ne peux pas lui en donntr.

« Mais je puis lui donner l' exem- « pie d'une ferme résolution de

Justice de l'Armée.

Justice de l'Enquête.

a comhatlre jusqu'à la dernière (c heui^e. Nous avons encore des 0 vivres; je ne veux pas, à la a tête de 300,000 hommes ar- « mes (c'étaient des hommes.

« non des soldats) et avec 300 a bouches à feu attelées (bonnes * ou mauvaises), défiler devant « l'Empereur d'Allemagne et lui « rendre mon épée , tant qu'il a me restera une bouchée de a pain. »

(Rapport denquête du Comte Daru.)

3... il Entreprise sans prépa- « ration^ sans alliances sérieu- « ses, sans plan de campagne, « la guerre de 1870 na été tt qu'une série de désastres.

« Parmi ces désastres, celui de « Metz est resté le plus grand, a parce qu'une fuis qu'il fut « consommé, tout fut perdu pour € les Armées nationales. Si la « lutte continua, c'est que les <i Français , EN dehors de

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