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vis une lctlre très sévère et très attristée à mon jeune ami couronné. Quelques, jours après ra'arrivait une grosse enveloppe contenant des feuillels écrits hâtivement sur le joli et original papier orné d'un fer à cheval dont le roi usait toujours. Cette lettre contenait les lignes suivantes, dont je donnerai le fac-similé un de ces jours dans la Petite Revue, pour faire suite à ceux que j'ai déjà publiés d'Alphonse XII dans ma collection d'autographes :
Ma chère petite maman [mamina, comme dit Isabelle, c'est bien plus
joli).
Vous aviez mille fois raison. Je viens de lire tous vos articles un à un et je vous le dis bien vite, je me suis mis dans une grosse colère contre moi-même, car j'ai bien vu que j'étais une bête (sic). Vous êtes la plus adorable des femmes, 'les maminas passées, présentes et futures, mais que voulez-vous? on m'avait monté la tète : on m'avait dit que vous m'aviez attaqué et tourné en ridicule et j'étais très courroucé.
Pardon, pardon, pardon, cela ne m'arrivera plus. J'étais si surchargé de besogne, d'affaires, de tracas de toutes sortes qu'on me lisait vos correspondances en les amplifiant, les dénaturant, et comme un gogo, je me laissais convaincre. Ah ! tes vilaines gens ! Seule, ma femme me calmait en me disant qu'elle ne croyail pas à tous ces racontars, que vous aviez été bien gracieuse et bien indulgente pour elle. Décidément, elle a beaucoup de raison et d'esprit, ma femme !
Venez nous voir demain pour me dire que vous ne m'en voulez plus, que vous me pardonnez. Je vous dirai les noms de tous vos ennemis, de tous ceux qui ont envenimé vos chroniques. Vous leur direz quelque bonne méchanceté dans un de vos articles. Ah ! les courtisans, les courtisans ! Vous souvenezvous des vers de Miguel de los Santos? A propos, Morphy m'a toujours dit aussi que l'on se trompait. Enfin, venez demain, sinon vous ne saurez rien. Sachez seulement aujourd'hui que la Reine vous trouve tout à fait charmante et sa mère aussi : elles disent que votre visage a l'air de votre esprit. A demain, et croyez-moi votre repentant.
Alphonse.
Je reviens à l'article de Castelar.
Il m'appartient, j'ai le devoir de rétablir les faits, de dire tout haut nies sentiments avec la certitude de n'être contredite par aucun de ceux qui suivent, dans cette revue, les articles documentés et véritablement uniques, — ou plutôt les études, car Castelar ne sort de son rôle sous aucun prétexte et n'écrit que des pages destinées à analyser l'évolution des peuples et des idées au cours de cette génération, et à prendre ainsi une place dans l'avenir à côté des meilleures œuvres des Michelet, des Tliiers. des Lamartine el des Guizot — , les études, dis-je, que mon illustre ami et collaborateur écrit pour elle depuis de longues années.
Quelques explications ne seront d'ailleurs pas inutiles ici, puisque c'esl uni' des revue- politiques de quinzaine de la Nouvelle Revue Intev>nationale, — que tant de confrères pillent à l'envi, qu'ils ne cessent de démarquer, qu'ils vont parfois jusqu'à convertir en interviews, — qui a
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produit ce beau tapage, et que, d'autre part, on a donné des détails erronés.
L'article en question nous parvint dans les derniers jours d'avril, trop tard pour paraître dans le numéro du 1er mai. Obligés de le renvoyer au 15 mai, nous demandâmes à notre illustre collaborateur, qui s'empressa d'accéder à notre désir, quelques feuillets complémentaires, pour demeurer dans l'actualité, en raison de la gravité des événements. Ces quelques pages nous arrivèrent le 10 mai; les bonnes feuilles furent distribuées le 12 aux journaux et la livraison parut le 15.
De même que tous ceux que Castelar daigne écrire pour cette revue et qui ont tant contribué à sa fortune cel article fut accueilli avec force éloges; mais il ne produisit, dès l'abord, aucun bouleversement, les premières reproductions étant prises dans les passages de politique générale, comme d'ailleurs celles du précédent numéro dont un fragment sur les alliances, répété dans la plupart des journaux d'Europe, obtint un succès transcendant. Mais voyez la bizarrerie, c'est près de quinze jours après sa publication, et sur des extraits parus dans la Petite Revue Internationale , l'édition hebdomadaire réduite de la Nouvelle Revue Internationale, que le scandale éclata. Comment éclaircir ce mystère? Peut-être convient-il de l'attribuer aux irrégularités de la poste en Espagne, irrégularités telles que parfois, à Madrid, mon courrier de trois jours m'était remis en bloc, que d'autres fois, il n'arrivait jamais?
De ce numéro du 15 mai, par exemple, quoique une expédition assez considérable m'ait été faite, je n'ai eu qu'un seul numéro, celui qui fut adressé à ma fille, et comme diverses personnes se plaignaient de leur côté de n'avoir pas reçu ce fascicule, je pensai qu'il avait été intercepté ou égaré en partie, et je donnai l'ordre de faire un nouvel envoi. Par contre, la Petite Revue Internationale, sœur cadette de celle-ci, qui compte peu d'abonnés à l'étranger, étant surtout destinée à la vente dans les provinces de France et de Belgique, arriva presque partout, et c'est sur les extraits reproduits par le National, le Pais, le Correo espanol, etc., — laquelle reproduction va les conduire devant les tribunaux militaires, car Madrid est en état de siège. — que s'écbafauda cet immense potin qui a pu faire croire un instant, à ceux qui n'avaient pas lu l'article, que Castelar était sorti du chemin tracé, avait été détourné de la haute mission qu'il remplit dans l'humanité, à l'égal des Gladstone et des Jules Simon.
A la Chambre et au Sénat surtout, des hommes se sont trouvés qui, pour donner à la Reine des témoignages d'attachement que nul ne réclamait, sont devenus ces courtisans flagorneurs, dont le rôle est absolument celui de la mouche du coche, et que Castelar, l'histoire de tous les peuples en mains, a voulu surtout flageller dans l'article incriminé; des hommes qui n'ont pas compris qu'en essayant de censurer le tribun qui, aux yeux du monde entier, incarne le plus exclusivement la patrie espagnole, c'est la patrie, leur propre patrie qu'ils essayaient
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de censurer; des hommes enfin qui, dans l'aveuglement de leurs passions politiques, n'ont pas craint de compromettre leur propre gloire en voulant tenler de diminuer celle de l'homme d'Etat qui personnifie en Europe ce mot de gloire dans ce qu'il a de plus digne, de plus noble et de plus élevé.
Car il est des êtres d'une essence supérieure, géniale, je dirai presque divine, que les outrages des hommes n'atteignent pas, ne peuvent atteindre, parce que le peuple entier Jes place au-dessus de tous et de tout.
Le député républicain Azcarate, dont les éludes politiques sont toujours si appréciées, n'a pu s'empêcher de se lever au Congrès, comme mû par un ressort, sous le poids de l'émotion, en présence de ces injures odieuses et de l'invraisemblable et inepte mesure projetée, pour crier son indignation douloureuse. Il a demandé au gouvernement s'il était vrai que Castelar serait traduit devant les tribunaux militaires pour son article de la Nouvelle Revue Internationale. Embarrassé, le ministre de l'intérieur Capdepon a répondu qu'en effet, la veille, au Sénat, il avait été résolu en principe que le cas de Castelar serait soumis au jugement des tribunaux compétents; mais que cette mesure n'était pas encore sanctionnée.
Devant l'ambiguïté de cette réponse, M. Azcarate annonça aussitôt une interpellation directe au président du Conseil des ministres. Il est évident que Sagasta, en apprenant qu'un nouveau débat serait engagé, dut avoir un singulier haussement d'épaules, stupéfié de toute cette tempête dans un verre d'eau. Son bon sens naturel, son habileté, son critérium exact des choses de la politique, durent lui faire comprendre tout ce qu'il y avait de maladroit dans ce zèle intempestif ne reposant sur rien. Assurément, sous Canovas, un pareil fait, aussi insensé, ne se serait pas produit. D'un mot, d'un geste, Canovas aurait arrêté ce débordement d'imprécations insolites, et le seul tort de Sagasta est de n'avoir pas dit ce mol, pour éviter au Parlement la honte d'une discussion flétrissante pour tous ceux qui ont eu l'audace de manifester leurs doutes sur le patriotisme du plus grand patriote des temps modernes. Je comprends Sagasla : il n'a pas voulu s'interposer et il a fui, autant qu'il le pouvait, toute responsabilité vis-à-vis des uns et des autres, afin de ne s'attirer aucun blâme de la part de ceux-ci ou de ceux-là. Je ne lui en fais pas un reproche, sachant qu'il a voulu user de prudence, ne pas compromettre l'autorité et l'influence dont il a tant besoin en cotte époque troublée, et peut-être même laisser se tirer seuls d'affaire, n'appartenant pas à son parti, les membres du Parlement qui n'ont pas su éviter le péril qu'on court toujours à se montrer plus royaliste que le roi. Celle tactique lui esl propre; elle tient, à sa nature même, au peu d'importance qu'il attache eu général aux choses de presse, à son désir de concentrer lous ses efforts vers les questions graves exclusivement. Mai-, au fond, en présence des proportions démesurées qu'il a pris, il a dû regretter ce pénible incident; il a dû le regretter comme tous les véritables ami- de la Heine et de la monarchie, comme la Reine ellemême, j'en jurerais. Oui. certes, j'ai la conviction que s'il est une per-
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sonne au monde peinée et contrariée de voir le fier caractère et la prestigieuse figure du grand Espagnol si délibérément analhématisés à son propos, c'est elle, la Régente, la prétendue victime. Je dirai même que si elle a lu l'article en entier, comme je le crois, car elle lil toujours avec intérêt la Nouvelle Revue Internationale, elle a pu se rendre compte, avec son rare bon sens, son flair particulier, sa divination d'homme d'Etat, qu'il n'y avait rien, rien, de ce qu'on a voulu y trouver, que Castelar n'a pus eu le moins du monde l'intention de l'attaquer personnellement, ni directement, ni indirectement, et elle à dû trouver lamentables ces hauts eris d'exaspération qui ont sonné si faux.
Pour ma part, j'ai éprouvé un profond regret de voir nu homme d'une loyauté indiscutable comme le général Martinez-( lampos, s'associer à cette manœuvre, ou tomber de bonne foi dans celle erreur comme tant d'autres sans doute; la seule excuse de l'ancien gouverneur de Cuba est qu'il n'a pas dû avoir connaissance de l'article, en son entier du moins, et s'en être rapporté aux bruits sans fondement grossis à chaque instant, véritable montagne accouchant, en. somme, d'une souris.
Dire que Castelar a perdu la tête, est une impertinence de collégien; dans la bouche du maréchal, s'il a oublié un instant le respect qui est dû aux gloires nationales, elle devient douloureusement pénible. Aussi ne puis-je me résoudre à croire que l'illustre soldat ait osé proférer un semblable blasphème, d'autant -plus encore que les journaux ne disent rien de ce qui serait infailliblement advenu, car l'Assemblée se serait levée tout entière pour protester au nom du pays.
En tout cas, il faut savoir gré à M. Azcarate de l'énergie avec laquelle il a défendu un collègue absent, et cherché, en se plaçant sur le terrain strict de la légalité, à dissiper un orage qui n'a élé produit, si violent qu'il ait pu paraître, que par le choc de bulles de savon.
Ce qu'il y a de plus regrettable dans cette aventure, qui serait burlesque si de hautes personnalités n'étaient enjeu, c'est qu'étant donnés son caractère entier et indomptable et son horreur de l'injustice, il est plus que probable que si l'on avait donné suite au procès annoncé, Castelar aurait fièrement renoncé, de son propre chef, à l'immunité parlementaire, afin de défendre les accusations portées sur les soi-disantes accusations contenues dans l'article de la Nouvelle Revue Internationale qu'il n'a jamais songé à nier ou à contester, et dont, dès le début, il a déclaré assumer toute la responsabilité. C'est alors, croyez-moi, que le gouvernement aurait regretté de n'avoir pas mis le holà à cette algarade si inattendue. Tout de suite, d'ailleurs, les journaux anglais jugèrent, et ce fut la croyance générale, que le cabinet y regarderai! à deux fois avant d'engager un procès plein de dangers et de périls de toutes sortes pour sa slaliilité.
Castelar, lui, — sa lettre au Nacional qui, le premier, a reproduit des fragments de l'article, est très concluante à cel égard, — ^e montre
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fort peu inquiet ou préoccupé de ce que peuvent dire ou faire les Covtès au sujet des opinions qu'il manifeste comme historien. Il attend, calme et serein, le jugement du tribunal suprême dont tous les hommes publics relèvent, le tribunal qui comprend tous les citoyens et qui s'appelle le pays. Et. confiant dans la justice de ce pays qu'il a tant contribué à faire aimer et respecter, il ne daigne même pas, lui, député, aller se défendre devant la Chambre.
Voyez déjà l'effet produit.
Hier, sollicité par ceux-ci, attaqué par ceux-là, porté aux nues par le plus grand nombre, aux gémonies par quelques-uns, Castelar pouvait encore paraître suspect à un certain nombre de ses anciens amis.
Aujourd'hui, de l'avoir vu brutalement insulté, eu butte aux colères misérables et aux outrages insensés de courtisans ultra-royalistes — pareils à ces courtisans de Louis XVI qui, pour avoir refusé de se compromettre avec des libéraux comme Barnave, les Lameth et Malouet, occasionnèrent la déchéance de la royauté et la condamnation à mort du roi et de Marie-Antoinette — toute l'opinion revient au grand tribun, accourt se ranger à son côté. Ceux qui le niaient le reconnaissent et ceux qu'une rancune irraisonnée, un dépit quelconque sans fondement avaient éloigné de lui, se lèvent d'un seul mouvement, prêts à le suivre, à le défendre, à le seconder, à passer avec lui le Rubicon.
Jamais excès de zèle ne fut donc plus intempestif, plus maladroit, plus inopportun, plus contraire au but que les envieux et les méchants se proposaient. Tant et si bien que l'on prépare à Castelar pour le jour, non pas si prochain qu'on le croit cependant, où il rentrera à Madrid, une ovation sans précédent, qu'il ne désirait ni ne recherchait, qu'il eût préféré éviter, au contraire, mais dont nul au monde ne pourra maintenant arrêter J'élan.
Le Libéral assure que cette manifestation sera imposante, parce que tous les partis y prendront part. Les républicains, eux, viendront même des provinces de Barcelone, de Valence, de Saragosse, de Valladolid, de Saint-Sébastien, de Bilbao, de partout.
Voilà, le Mornivg Post le fait judicieusement remarquer, à quoi aura servi cette malencontreuse persécution : à provoquer une gigantesque manifestation démocratique autrement significative que la manifestation qui a résulté des légendaires scandales de Madrid, à prouver que l'histoire de la Restauration peut être légitimement comparée à celle de l'empire de Byzance, puisque, tandis que le peuple pâtit et que la patrie se désagrège, on voit se diviser en sectes et en castes les meilleurs serviteurs et les plus illustres soldats de la nation.
Mais aussi, maladroits serviteurs, pourquoi avoir osé parler de procéder contre Castelar? Pourquoi avoir lancé d'aussi naïves fanfaronnades, d'aussi vaines menaces ? Ce sont là des provocations coupables qui se sonl toujours payées cher, dans tous les temps et chez tous les peuples, lorsqu'elles s'adressent, comme en celte occasion, à l'idole d'un peuple. Plus avisée que vous, inconscients courtisans, plus prévoyante, plus impartiale, plus respectueuse de ceux qui illustrent la nation, la
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Reine a si bien compris cette situation qu'elle a répété avec insistance à Sagasta qu'elle serait profondément et personnellement peinée si la moindre poursuite, la moindre moleslia était exercée contre Gastelar pour son article de la Nouvelle Revue Internationale...
Des télégrammes de Paris m'annoncent aujourd'hui que tout ce fracas a eu pour résultat une vente extraordinaire de la Revue, que plusieurs éditions successives ont été enlevées. Comme directrice, je dois me réjouir d'un tel succès; mais je ne puis me consoler d'avoir été l'occasion d'injures absurdes, d'insinuations malveillantes, de suspicions sans cause dirigées contre mon illustre collaborateur. El la Heine, dan- un ordre d'idées différent, noit se trouver dans le même cas. Elle est l'occasion, comme ma Revue est le prétexte, d'un déchaînement de passions malsaines qui devait couver depuis longtemps et qui aura pour premier résultat, je le répète, loin d'enrayer le mouvement qui se produisait déjà autour de Castelar, de ranimer, de redoubler une popularité qui semblait pourtant avoir atteint le summum, alors qu'il était, lui, avide de paix, de calme et de silence, et décidé à n'apporter aucune entrave au gouvernement de Sagasta.
Sa noble indépendance et sa largeur de vues sont telles, en effet, que, malgré la persécution inepte dont il vient d'être l'objet, incapable d'un sentiment étroit quelconque, ayant pour seul guide son patriotisme absolu, il vient de conseiller de Sax à ses amis, les anciens possibilistes, entrés depuis dans le parti libéral, qui l'avaient consulté sur la conduite à tenir vis-à-vis du gouvernement, de rester unis et fidèles aux côtés de M. Sagasta, de ne lui créer de difficultés d'aucun genre, de continuer à lui prêter leur concours avec loyauté. Quant à lui, il entend rester ce qu'il a toujours été. 11 ne tient pas avoir autour de lui des amis politiques participant à ses triomphes ou à ses échecs, s'il se peut qu'il en rencontre, et n'accepter, enfin, d'être le chef d'aucune fraction du parti républicain auquel il appartient.
Cette décision formelle du célèbre homme d'Etat a été communiquée à M. Sagasta par les députés Calzado et Palomo. Elle est détachée d'une lettre où M. Castelar oppose une fois de plus la négation la plus absolue à l'intention qu'on lui prête d'avoir voulu offenser la Reine dans son article de la Nouvelle Revue Internationale.
Oui, fidèle à son programme, à ses résolutions, ainsi que l'illustre tribun l'a déclaré en ces derniers jours au banquet qui lui a été donné à Elda, il s'est promis de ne pas bouger de chez lui, de ne pas se mettre en avant, de ne prendre aucune initiative relative à la marche des affaires du pays. Ce n'est que si, par malheur, par impossible, tout venait à être perdu, et Dieu sait s'il lait des vœux pour que ce jour n'arrive jamais, ce n'est que si le salut de la patrie venait à exiger à nouveau son dévouement, si le pays n'avait plus qu'à choisir entre le Carlisme et la République, qu'il songerait peut-être à se laisser arracher à son home, à se mettre résolument, quoique à contre-cœur, à la tète de la nation, comme un général se met à la tète d'une armée lorsque l'heure du péril a sonné...