‹ La politique expérimentale (volume 2)Chapitre 119 sur 146 · EN FRANCE · texte numérisé non relu

EN FRANCE

§ 1. — La nécessité de la méthode expérimentale se fait de plus en plus sentir.

Depuis la première édition de cet ouvrage, des essais ou des tentatives de méthode expérimentale ont été faits en politique et en administration dans notre pays. L'initiative en a été prise, soit par le gouvernement^ soit par les députés, soit même par les conseils municipaux. Si le nombre des expériences ainsi entreprises ou proposées est encore trop restreint, quelques-unes ont une véritable importance; elles témoignent toutes d'un esprit nouveau dans l'orientation de la politique. C'est la science qui fait son entrée, timidement encore, dans un domaine d'où elle est demeurée trop longtemps exclue. Nous consacrons cet appendice à l'exposé de ces essais, qui sont d'un bon augure pour l'avenir, mais qui courent le danger de passer inaperçus. En les groupant ensemble, nous attirerons plus sûrement l'attention des hommes bien intentionnés^ mais hésitants, qui cherchent leur voie.

L'heure semble propice pour aviser à la solution des problèmes agités.

Du côté extérieur, les tristes perspectives de la guerre ne paraissent pas fort prochaines. Les États de TEurope sont accablés par le poids énorme d'une dette de 130 milliards ; leurs budgets de la guerre et de la marine dépassent 4 milliards et demi. Une lutte circonscrite, une conflagration générale méme> ne liquideraient pas la situation, comme d'aucuns le supposent : vainqueurs et vaincus consacreraient leurs dernières ressources à armer encore. La politique la plus sage, au point de vue économique, est encore celle de la paix, quel qu'en soit le prix. En attendant, les nations de l'Europe semblent à Tenvi chercher un dérivatif dans l'exploitation des contrées lointaines. Oa ne saurait se faire d'illusion sur la mise en valeur des possessions de l'Afrique centrale ; elle ne sera que l'œuvre du temps pour les nations les mieux outillées. G'est^ toutefois, un excellent symptôme que ce déplacement du champ de bataille ; en le transportant au sein d'un continent, où les plus vastes territoires s'acquièrent sans conteste par un simple échange de signatures, les Etats européens accusent une tendance, au moins momentanée^ à remplacer la Kiite entre les hommes civilisés par la lutte contre les forces de la nature. C'est une évolution qui a son prix; elle est un gage de paix, et, par conséquent, un présage heureux pour ks réformes sociales et politiques.

Au dedans, la République a été si souvent plébiscitée qu'elle est au-dessus de toute atteinte; il foudrait de grandes calamités pour en compromettre l'existence. EUe s'est prêtée quatre fois au renouvellement du pouvoir suprême avec une facilité inconnue des régimes monarchiques ; elle a échappé à une grosse aventure, dont la responsabilité incombe moins à son médiocre et astucieux auteur qu'à l'inexpérience et à la sottise du corps électoral, et qui sera bientôt tombée dans l'oubli. Nous ne pensons

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