‹ La politique expérimentale (volume 2)Chapitre 20 sur 146 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA MÉTHODE D^OBSERYATION EST UN MOYEN DE DÉMONSTRATION ET DE RECHERCHE. — ELLE JOUIT ENCORE EN POLITIQUE D'UNE MÉDIOCRE FAVEUR.

Parmi les procédés de conyietion employés par les sayants, il en est un qui nous a séduit de bonne heure et qui nous a fait abandonner Tordre d'études, fondé principalement sur la déduction, que nous avions adopté jusque-là. C'est la méthode d'observation.

L'observation a été la source des progrès réalisés dans les sciences physiques et naturelles. Aristote y a eu recours avec succès; il lui doit V Histoire des animaux, le meilleur de ses ouvrages, celui où il est resté le plus près de la nature et le plus loin de Platon. C'est grâce à l'observation ((ue la science grecque s'est élevée avec Thaïes, Hipparque, Archimède, Hippocrate, à cette hauteur surprenante où elle est demeurée, hélas ! stationnaire pendant mille ans, et que pour certaines branches de nos connaissances elle commence à peine à dépasser.

Au dix-septième siècle, Francis Bacon a proclamé la rénovation complète, instauratio magna^ de la philosophie naturelle (1). Il a fait table rase ; il s'est proposé de reconstruire à neuf l'édifice intellectuel du moyen âge. Il

(1) « L'homme, serviteur et interprète de la nature, n*agit et ne comprend que dans la proportion de ses découvertes expérimentales et rationnelles sur les lois de cette nature; hors de là, il ne sait •t ne peut plus rien. » (Bacon, liovum Organum, trad. Lorquet.)

Page 1