CHAPITRE VIII
LES TROIS CONDITIONS DE LA METHODE POLITIQUE, EN RAPPORT AVEC LES TROIS MILIEUX DANS LESQUELS LES SOCIÉTÉS VIVENT, SONT l'observation, L*£XP£RI£NC£, L'ASSENTIMENT.
Résumons maintenant et complétons ce que nous avons dit dans les précédents chapitres.
L'observation simple, aidée même des données les plus précises de la statistique, ne suffit pas en politique. Elle peut bien, en certains cas, faire connaître les lois cbcrchées, mais elle s'est montrée le plus souvent impuissante à les démontrer avec une évidence qui défie la contradiction. Les débats, qui se sont produits récemment dans nos cbambres, tantôt en ce qui concerne les surtaxes du blé, de la viande ou du sucre, tantôt au sujet des débouches ouverts par la politique coloniale, en sont une preuve manifeste. A chaque fait, à chaque nombre avancé d'un côté, il est opposé, de l'autre, un fait ou un nombre contraire ; de telle sorte que, loin d'être inspirée par des principes fixes, d'une solidité reconnue, notre législation subit les fluctuations incessantes qui résultent d'opinions indécises et de sentiments intéressés (i).
L'observation doit être complétée par l'expérience. Toutefois, il n'y aurait pas lieu de revenir à l'expérience pouf voh\ dont Claude Bernard s'est servi pour constater sur des chiens les causes de Tempoisonnement par le curare
(1) Chap. XXX et xxxvii.