‹ La politique expérimentale (volume 2)Chapitre 41 sur 146 · LA M]^.THODE ET LA DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

LA M]^.THODE ET LA DÉMOCRATIE

lontaîre. Spencer constate en outre que nous avons conservé sous le régime industriel la plupart des institutions propres au régime militaire, et il insiste longuement sur les inconvénients qui en résultent.

Ceux que le mot de démocratie effraye, ceux pour lesquels l'expression de régime industriel n'offre qu'un sens mal défini, concèdent volontiers que nous sommes dans une période de transition. Ils sentent qu'une ère nouvelle se prépare et, comme Voltaire, ils envient le sort de leurs neveux : « Les jeunes gens sont bien heureux, ils verront de belles choses. »

Ces « belles choses », la méthode expérimentale permettra de les faire, et de les faire sans que ce soit « un beau tapage », Elle ramène, en effet, à des proportions restreintes les constructions à édifier, de même que les destructions à accomplir. Elle limite, dans l'espace et dans le temps, l'action législative ; elle supprime ainsi, elle amoindrit tout au moins^ les hésitations et les regrets. Devant le verdict des expériences poursuivies à sa iumière, chacun finira par s'incliner ; « les Français arrivent tard à tout, mais enfin ils arrivent » . Les faits sont des vainqueurs qui ne font pas quartier. Quant aux mots, à ces mots imposteurs, comme Bentham les appelle, ils s'effaceront devant cette lumière et cesseront d'obscurcir nos idées.

Sans doute ce ne sera pas demain : l'erreur et le préjugé ont de fortes racines. Et cependant, nous ne proposons pas de système idéal, nous n'écrivons pas l'utopie du vingtième siècle. Nous nous bornons à suggérer une méthode^ une méthode vieille en science ; neuve, il est vrai, en politique. Nous espérons, nous espérons malgré tout, d'après ces paroles d'Edmond de Concourt : « Le public n'estime et ne reconnaît à la longue que ceux qui l'ont scandalisé tout d'abord, les apporteurs de neuf^ les révo-

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lutioonaires du livre et du tableau, les messieurs enfin qui, dans la marche et le renouyellement incessants et universels des choses du monde, osent contrarier l'immutabilité paresseuse de ses opinions toutes faites (1). »

(1) Préface de CMriB.

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