LA MÉTHODE S*APPUIE SUR CINQ ORDRES DE PREUVES
J*ai indiqué la nécessité d'introduire en politique la méthode expérimentale; j'ai tracé l'organisation pratique ainsi que les principaux caractères de cette méthode. Mon but ne serait pas atteint si j'en restais là. Je croirais même n'avoir rien fait, si ce n'est d'émettre et de développer une idée neuve.
Je l'ai déjà dit, une théorie n'est acceptée, et difficilement encore, que si elle est pleinement démontrée. La démonstration est plus indispensable que jamais dans l'état de désarroi intellectuel au milieu duquel nous vivons. Les systèmes politiques les plus divers sont agités, et, pour ma part, je ne m'en plains pas. Trop de Français, dit-on, sont enclins à s'ériger en prophètes politiques. C'est vrai peut-être ; mais on serait mal fondé à le leur reprocher trop sévèrement. Us obéissent, en effet, aux nécessités de leur époque. Loin d'être un défaut capital, cette tendance est la preuve qu'ils ont conscience des problèmes dont on ne saurait indéfiniment ajourner l'examen. « Les questions
non résolues, disait Gavour, sont sans pitié pour le repos des peuples. » A ce point de vue encore, la méthode expérimentale, qui fournira les solutions attendues, s'offre comme une garantie de la paix publique.
Prouver que l'emploi de la méthode expérimentale s'itaipose aujourd'hui en politique, tel est Tobjet des cinq livres suivants. Le lecteur y verra comment elle se justifie par l'observation comparée des peuples libres, par l'histoire, par la science, par l'insuccès des réformateurs, par la situation politique de notre patrie.