‹ La politique expérimentale (volume 2)Chapitre 55 sur 146 · C. Lois relatives à l'éducation élémentaire · texte numérisé non relu

C. Lois relatives à l'éducation élémentaire

(Elementary éducation Âcts) .

Ces lois sont au nombre de quatre pour l'Angleterre et le pays de Galles, et de trois pour l'Ecosse. La première d'entre elles fut une sorte de révolution dans l'instruction publique en Angleterre. Jusqu'à sa promulgation, les enfants ne trouvaient place que dans les écoles de la Société nationale, c'est-à-dire de l'Eglise établie, et dans les écoles instituées volontairement par les localités, les associations et les individus. Aussi, la proportion des illettrés en Angleterre était-elle fort considérable, relativement à Tétat de civilisation de ce pays. On avait constaté par les registres de mariages que plus d'un tiers des conjoints ne savaient ni lire ni écrire.

La loi de 1870 consacra l'intervention active de TEtat pour remédier à un mal que les efforts privés se montraient impuissants à guérir. Elle ordonna que, dans chaque district scolaire, des dispositions seraient prises pour fournir l'instruction primaire aux enfants en âge de la recevoir^ et elle organisa tout un système en vue du but proposé.

Les résultats de cette loi ne se firent guère attendre ; ils justifièrent pleinement les espérances de ses promoteurs. Deux ans plus tard, en \S1% une loi analogue fut édictée pour rÉcosse. Les deux actes de 1870 et 1872 furent complétés, alternativement pour Tune et l'autre région, par les actes de 1873, 1876 et 1880, relatifs à TAngleterre et au pays de Galles, et par ceux de 1878 et de 1883, relatifs à rÉcosse.

Tous ces actes se modifièrent mutuellement des deux côtés ; ils devinrent tour à tour 1 occasion d'améliorations progressives. G*est ainsi que la législation séparée permet de remanier une loi bien plus aisément que la législation uniforme ; celle-ci enterre les questions en les résolvant à peu près; celle-là ne les abandonne que lorsque la réforme est accomplie dans son entier.

Nous nous bornerons à citer une preuve de cette influence réciproque des lois anglaises et écossaises : ce sont les stipulations relatives à l'instruction obligatoire.

La loi du 9 août 1870 laissait le soin d'imposer cette obligation au pouvoir discrétionnaire des commissions scolaires {school boards), et ces commissions n^étaîent créées que là où les moyens d'instruction se trouvaient notoirement insuffisants. D'après l'article 74, le school board peut de temps en temps, avec l'approbation du département de l'éducation, arrêter un règlement qui invite les parents à envoyer à l'école les enfants ayant l'âge déterminé par ce règlement et compris entre cinq et treize ans. La désobéissance des parents est poursuivie par une procédure sommaire ; l'amende ne peut, avec les frais, excéder 5 shillings.

Ces stipulations acquièrent beaucoup plus de force dans la loi écossaise. C'est que la contrainte à exercer sur le» chefs de famille était d'un établissement beaucoup plus

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