LA LIBERTÉ DE TESTER
raient pas dans les entreprises lointaines, sans voMier la prudence du atanufacturier, qui ne construit son usine qu'après s'être bien assuré que les matières premières ae lui feront pas défaut. La Normandie fournissait amplement, au dernier siècle^ à la colonisati<»i du Gansda ; elle serait, pour ainsi dire, incapable aujourd'hui de doBBer un seul éungrant (i).
Notre loi de partage forcé est fort nuisible à notre commerce, comme le constatent en termes énergiifnes les déclarations des chambres de commerce de Paris et de Bordeaux (2) ; elle frappe la grande et la pelite industrie (3), la grande et la petite propriété rurale (4). C'est surtout
(1) La nafcaKué a^Bst en Normandie q«e de Si pour ifOS ImMtanU; la population y a diminué, de 1841 àlSSl, de plM de it pour 100. (Sd. £. CHaiessoN, Mauntmmt de lapaputaiiom 0m Framet et à f étranger,)
(2) La première de oes denx chambres indique a comme an <d>jet d^étude digne du législateur », la seconde Tvwenâlqfn c comme une néeeuité nationale » la restilnfioa an père de ftuBlle du droit de disposer de ses biena.
(3) « Les usines ont quelques chances de résister à ces erises périodiques, parce que la nécessité de maintenir en activité de tels établissements conseille aux nouveaux acquéreurs de prolonger autant que possible les anciens engagements ; mais il n'es est pas de môme pour les fabriques collectives, oà les rapports des patrons et des ouvriers dépendent de circonstances individuelles^ oii par conséquent les liquidations entratoent la destruction des rapports établis. » (F. Le Play, la Réforme ioeiale, t. Il, p. 186.) — J'ajouterai que les grandes manufactures s'en tirent par la sodété anonyme, à laquelle les chefs d'industrie ost souvent rseonrs dans le but d'éviter la liquidation à leur mort, et de laisser à lears enfants, propriétaires de la majeure partie des titres, la prépondé» rance dans la direction.
(4) La grande propriété se Tend asseï bien, parce qn^eHe eonstitue un placement et procure aux acquéreurs les plainrs de la yillégLature et de la chasse. Ita petite propriété nirale ne
cette dernière qui est atteinte, et c'est en sa faveur qu'ont été expérimentées en AHemagne les réformes dont il sera question dans ce chapitre.
Ce n^est qu'au prix d'un incessant labeur et d'une rude épargne que le paysan parvient à créer, en dix-huit ou vingt années, un petit ou moyen domaine, un domaine tel que Le Play le décrit avec une remarquable précision dans les termes suivants :
<( Les terres du domaine forment un ensemble bien aggloméré, au centre duquel sont établis l'habitation de la famille ainsi que les bâtiments nécessaires au logement des animaux et à la conservation des récoltes. Lorsque le climat se prête à la culture des arbres fruitiers, l'habitation est entourée d'un verger herbu, soigneusement clos de haies vives, de fossés ou d'arbres de haute futaie et livré au parcours des jeunes animaux et des volailles. Cette disposition est favorable à l'éducation physique des jeunes enfants de la famille ; elle est conforme aux lois de la salubrité, surtout en ce qu'elle permet de combattre efficacement les épidémies.
« Une prairie naturelle, également enclose, produit au printemps une partie des fourrages secs nécessaires pour la nourriture des animaux pendant l'hiver, et elle donne encore à l'automne un pâturage abondant. La terre arable, subdivisée selon le régime d'assolement de la contrée, en deux, trois ou quatre champs, fournit, sans intervention de jachères, les céréales, les fourrages artificiels, les racines, les graines oléagineuses et les matières tinctoriales. A ces productions, viennent encore se joindre, sous le riche climat de l'Europe méridionale, l'huile d'olive, la
drait qu'à des gens qui n'ont que de trop faibles épargnes pour Tacheter dans son entier ; elle se divise ou se vend par lambeaux.