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NÉCESSITÉ D'UNE POLITIQUE NOUVELLE

échec aux améliorattonB, à tout progrès ; il avait pu traverser les âges au milieu de conditions assez semblables à celles qui l'avaient vu naître ; il ne pouvait subsister longtemps après la Révolution française. Dès 1816 apparurent les premiers germes de discorde ; ils demeurèrent sans effet, la cour de Bourges soutenant la coutume contre la loi. Mais les discussions éclatèrent plus bruyantes, après qu'une fille des Jault eut épousé un clerc d'huissier ; le Code civil fut invoqué, de telle sorte qu'il fallut bien mettre fin à une indivision désormais illégale (1); l'association fut dissoute en 1846, et l'actif partagé entre les ayants droit (2). Gomme tant d'autres, la coutume qui avait maintenu la communauté des Jault cessait de vivre, et il était démontré une fois de plus que les populations ne résistent pas aux excitations qui les entourent.

Si les mœurs ont perdu en France toute profondeur, si les coutumes ont disparu, ne reste -t-il pas les lois? Ici nous nous trouvons en présence de documents écrits, de textes positifs, complétés ou déformés par la jurisprudence^ qui forment Tassise la plus solide de Tordre social. Mais cette assise est-elle aussi solide qu'elle le parait? La réponse serait trop facile à donner pour les lois politiques, dont les moins vieux d'entre nous ont vu surgir et dispa* raître un si grand nombre. Ne considérons que les lois civiles, celles qui constituent nos codes et que les légistes révèrent à l'égal des prêtres l'Évangile ; ces lois jouissentelles encore d'un bien grand crédit?

Tous les jours elles sont battues en brèche par la meilleure littérature, au théâtre, dans le livre, dans le journal ; tous les jours elles sont violées par les citoyens, et ces

(1) Code civil, art. 815.

{%) Conf. Le Play, les Ouvriers européens, monographie, n» 81.

S64 LA liàTHODE ET LA SlTDATiON ACTUELLE.

contempteurs du droit officiel sont renvoyés indemnes, non certes par les tribunaux civils ou correctionnels, ipais par les cours d'assises, par les jurés, qui ne vivent pas dans Tempyrée de la métaphysique légale, dans le monde conventionnel des robes rouges ou noires, mais au sein d'une société, dont ils ressentent, autrement que no$ ma* gistrats, les courants et les remous. S'il fallait les çit^r, toutes ces lois atteintes de défaveur, il y aurait un volumiB à écrire.

La séparation de corps est une loi antiphysio^gique^ contre laquelle les époux protestaient par Tadultère, Les femmes protestent contre les immunités de la séduction par le revolver et le vitriol ; elles protestent par Tav^rtement ou Tinfanticide contre la situation fausse faite par notre code à l'enfant naturel, et par nos mœurs à ellesmêmes, lorsqu'elles sont célibataires et pauvres, tandis que, si elles ont la couverture conjugale, si elles sont; élevées par le rang, par le nom, par la fortune, elles coiiB^nuent à être recherchées et entourées de respectsf. Xi^s paysans du midi protestent par des dissimulations de tout genre contre la loi du partage forcé, qui condamne à la destruction le petit héritage péniblement créé par eux. à force d'épargne et de labeur. Les grands manufacturiers protestent par la société anonyme contre cette même loj^ qui entraîne, à leur mort, la vente forcée de leur usipâ,$i en fait passer la direction dans des familles étrangères. £n se retirant des conseils d'administration des sociétés industrielles ou financières, les hommes de valeur prot^s^: tent contre la loi du U juillet 1867, qui les rend ci^^i^ ment, ou même correclionnellement , responsables des moindres oublis, tels que l'indication du capital social eri marge du papier à lettres (I) ; ils protestent contre la jii-

(1} Loi du 24 juillet 1867, art. 64. Cet oubli constitue une^^ti*

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