RENVOI DE 0. CAS AL (JUILLET
aggraA'és : les prétentions sur Naples étaient abandonnées en même temps que les droits sur Milan ; à roI)ligation de payer le subside grossi de 10.000 écus venait se joindre celle de lever une armée de terre et d'armer une flotte. Toutes ces modifications avaient d'ailleurs été consenties par les agents français, car nous savons par une lettre de Giberti à l'évêque de Bayeux que le projet de convention confié à S. Santo ne s'éloignait que fort peu des offres de Toscano (1). Les Français s'étaient donc résignés à des concessions au cours des pourparlers, et on doit supposer que les instructions de L. Toscano comportaient des « degrés ))^ que les agents de Madame avaient épuisés successivement pour accorder aux Italiens ces nouveaux avantages (2).
La clause qui a trait à l'entrée éventuelle du roi d'Angleterre dans la coalition mérite d'être remarquée. Elle montre que G. Casai et Clerk ne s'étaient pas bornés à de simples sollicitations et qu'ils avaient laissé entendre, sinon formellement promis, que leur maître ne refuserait pas de devenir un des membres delà ligue dont il avait été l'instigateur, pourvu qu'on ne lui disputât pas l'honneur de la diriger.
Dans ces conditions, l'agrément du gouvernement anglais importait autant que celui de Madame. Aussi, S. Santo était à peine parti depuis vingt-quatre heures que Casai s'éloignait de Rome à son tour et prenait en toute hâte le chemin de l'Angleterre (3).
(1) È el medesinio quasi che hanno mandato adofïerire, anzi è più presto 1110110 che più di quello lia detto el Toscano ». Let. du 9 juillet, f» 169 \". — Ces assurances données à un ambassadeur français étant suspectes, il convient de les vérifier à l'aide de témoignages moins intéressés, nous voulons parler de la lettre de Giberti à H. Ghinucci et des instructions de Grég. Casai : or, la première de ces pièces parle « des secours considérables que Madame avait promis en hommes, en vaisseaux et en argent » {iit suj)., 1' 169 r"), et, dans la seconde, il est dit formellement que la Régente offrait « pro defensione ac libertate statuum et potentatum Italie se daturam quin- (juaginla millia ducatorum in singulos mcnses et eas copias terrestres ac niaritinias que necessarie videbniitur » (Ar. Nat. J 965, 5, 10 et Brkwer. IV, 1491).
^2', Nous avons fort peu de renseignements sur le détail de cette négocialion : nous savons seulement qu'aussitôt ([u'il eut connaissance des premières liropositions de Toscano, Giberti demanda des conditions plus favorables à l'Italie ; il s'agissait d'un secours de gendarmerie et d'infanterie française à tournir aux confédérés (cf. Giberti à Bayeux, l" juillet, ut sup., t" 167 V) ; ((uant il rélé\ation du chiffre de la contribution mensuelle, nous ignorons (juand et par (|ui elle fut exigée.
i:5) Clerk à ^Volsey". 28 juillet, H. M. ms. Cotton. Vite!. B vu, f" (176) 178 et lîuKWKii, IV, 15:^1. — « El cavalleio Casai es partido y se me emvia a iliscul)>ar nu a\cniii vistn poi(|ue se me da por nmigo: va en <liligencia, y.
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Il était chargé parle Pape de remercier le Roi et W'olsey et (Ut les prier instamment de lui continuer leurs bons offices : « Il ne reste plus qu'à conclure sans retarder » , lisons-nous dans ses Instructions, (( et pour cette conclusion, il est indispensable que Sa Majesté Sérénissime nous accorde sa faveur et son appui qui assureront la délivrance et la sécurité de l'Italie ; il faut que Sa Majesté s'unisse à la France et à l'Italie par une ligue perpétuelle dont elle sera le chef et aux termes de laquelle les puissances alliées conviendront de se soutenir dans le malheur aussi bien que dans la prospérité (1). »
L'accession d'Henri VIII à la confédération était en effet une espérance dont le gouvernement pontifical et avec -lui tous les États italiens désiraient ardemment la réalisation. Ils s'en promettaient les plus merveilleux effets et Giberti eii écrivait avec enthousiasme au nonce en Angleterre, Hieronimo Ghinucci : « Si, comme on l'espère», disait-il, « Sa Majesté et Sa Seigneurie Révérendissime se rendent à nos vœux, il me semble que je vois se renouveler le monde et que d'une extrême misère l'Italie s'élève à la plus pure félicité (2). »
Telle était au 10 juillet 1525 la situation diplomatique en Italie. C'est dans l'appui du gouvernement anglais qu'il convient de chercher la cause de ce prompt succès des négociations (3). Les Italiens en effet n'avaient qu'une médiocre confiance en Madame (4),
como tengo escrito, esta su yda es muy fuera de razon y de proposito. » Sessa à Charles V, 12 juillet, ut sup., f" 285 v" et a" 135. — Casai passa par Milan, où il vit de nouveau Sforee et lui dit que sou maître était fort mécontent de Charles V. Cf. Caraccioloà Charles V, 28 juillet, Gavangos, ni. 152. En revanche, à son passage à Novare, où étaient alors Pescaire et Bourbon, il évita de leur rendre visite, ce qui les étonna fort. Cf. Russel à Wolsey, .30 juillet, B. M. ms. Cotton. Vitel. B vu, f- (180) 178 et Bi-.ewei!, iv, 1528. Il avait fait de même à Milan pour les autres commandants Impériaux. Cf. Najera à Charles V, 21 juillet, Gay., m, 146.
(1) Ar. Nat. J 965, 5, 10.
(2) Giberti à Giiinucci, 10 juillet, Lett. Princ, i, f" 169 v^
(3) Henri VIII et Wolsey ne s'étaient pas bornés aux promesses faites en leur nom par Clerk et Casai ; ils avaient aussi pris le soin d'agir auprès du nonce pontifical à Londres. Cf. Let. de Gilberti du 9 juillet, al suji., f» 169 r" et v°.
(4) « Guardate che siam > ingannati, » écrivait Giberti à Sigismoiu), « et poi che ci haranno scoperti, Francesi non ci mauchino et vagliansi di questo in facilitare le lor conditioni con Cesare. Non vorrei haveste parlato del Pescara et se pur sete a tempo tacefelo... Guarvlatevi massime del dare in scrito cosa che rivelata potese nuocerci. » Let. du 15 juillet, ut sup., t" 170 r". — Les Anglais ne se faisaient d'ailleurs pas faute d'exciter les méfiaûces des