‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 105 sur 225 · SES CONSEILS AUX FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SES CONSEILS AUX FRANÇAIS

décision de leur maître avant de procéder contre lui (1). Pendant ce délai Madame se prononcerait : ou bien elle s'unirait sans arrièrepensée aux Italiens, ou elle traiterait avec l'Espagne. Dans le premier cas, tout serait pour le mieux et les Impériaux se verraient contraints d'abandonner l'Italie. Dans le second, rien ne serait perdu; le Pape était persuadé que ses sollicitations et celles de Wolsey décideraient bientôt le roi de France à violer les engagements pris durant sa captivité; à ce point de vue, il semblait même préférable que la Régente s'attachât d'abord à obtenir la liberté de son fils, car, ce dernier une fois en liberté, il n'y aurait plus à craindre que la France trahît la cause italienne; son alliance serait désormais acquise sans retour aux confédérés. Le plus nécessaire était donc que Madame prît promptement un parti et Clerk devait prier Wolsey de s'y employer auprès d'elle : peu importait d'ailleurs que ce fût dans un sens ou dans l'autre ; l'hésitation seule était dangereuse (2). Le Pape ne laissa pas ignorer aux Français la conduite qu'il entendait tenir. Le 25 au matin, il déclara à Raince que les Vénitiens voulaient (( le faire entrer en quelque baise», mais qu'il n'aurait garde de céder avant que la Régente vînt à exécuter (( par efîect » ce qu'il lui avait demandé le 7. Pour sa part, ajouta-1-il, il ne cherchait qu'à tirer en longueur, tant avec Pescaire, auquel il avait envoyé P. d'Arezzo, qu'avec. Charles-Qnint, que son légat Salviati recevrait l'ordre d'entretenir par des négociations sur Milan. Comme à Clerk, Clément VII découvrit à Raince le fond de sa pensée. Sans doute, il trouvait (( l'exécution delà pratique de deczà la plus seure et meilleure chose pour venir aux bonnes fins à quoy l'on tend » ; mais ne semblait-il pas aussi « que la délivrance du Roy est tant nécessaire qu'il n'est possible de plus »? En conséquence, (( il ne trouveroit poinct maulvais que ledict Seigneur accordast avec l'Empereur, feusten baillant ostaiges ou aultrement, ne se dessaisissant de rien ou que de bien peu, et, encores que le Roy après sa délivrance observast pour quelque temps ce qui auroit esté convenu entre eulx, qu'estant en sa liberté et avoir eu tousjours l'intention bonne et ferme comme dict Sa Saincteté croire que tousjours il aura par la grande prudence et bon entendement de se

(1) Clerk à Wolsey, 25 octobre, nt sup. — Effectivemeut le Pape envoya à Pescaii'e sou chambellan Paolo d'Arezzo pour le prier de surseoir à toute mesure contre Sforce. Cf. Clément VII à Pescaire, 23 octobre, Balan, n" 133 (bref accréditant P. d'Arezzo) ; Lope Hurtado à Charles V, 5 novembre, ut sup.; Najera au même, 17 novembre, Gav., m, 271; et Raince à Madame, 25 octobre, P. J., xxxin.

(2) Clerk à Wolsey, 25 octobre. u1 .<up.

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