PROPOSITIONS DE MADAME" (.NOVEMBRE
Tout marchait. Sur la lettre écrite par Casai à son passage à Brescia, les pourparlers avaient été repris à Venise comme à Rome. La Seigneurie avait promis au chargé d'affaires de Bayeux, l'agent français Ambroise de Florence (1), qu'elle éviterait de rien conclure avec les Impériaux et qu'elle se bornerait à les amuser par des semblants de négociations (2). — Il ne manquait plus que la résolution de la Régente. Elle ne tarda guère. M, de Rabodanges l'apporta le 9 novembre à l'évêque de Bayeux, qui était toujours dans sa maison de Garzano. Mettant aussitôt un terme à sa villégiature, l'ambassadeur s'empressa de regagner Venise, où il eut le 13 une audience du Sénat qui dura près de deux heures (3). De son côté, Albert de Carpi, informé en hâte par ses soins, vit le Pape le 15 et lui communiqua les propositions de Madame (4).
Celle-ci offrait de fournir cinq cents hommes d'armes à ses dépens et un subside mensuel de 40.000 écus qu'on affecterait à l'entretien de 10.000 fantassins. C'était, on le voit, un contin-
(1) A. de Florence fut nommé Maître des requêtes de l'hôtel par lettres du 8 août 1526; il mourut avant le 31 août 1528. Cf. Blanchard, Généalogie des Maistres des Reqtwstes.
(2) G. Casai à Wolsey, 7 novembre, ut sup. — Effectivement, les V^énitiens ne donnèrent à Caracciolo et à Sanchez que des réponses dilatoires. Dès le quatre novembre, comme les commissaires du gouvernement vénitien n'avaient eu aucunes communications avec eux depuis plusieurs jours, Caracciolo et Sanchez avisèrent Charles V que l'ardeur montrée peu avant par la Seigneurie paraissait s'être beaucoup refroidie. Le 6, rapprochant de la réserve observée envers eux par les Vénitiens les réunions journalières des Conseils et les nombreuses dépêches de courriers entre Rome et Venise, ces ambassadeurs sentirent croître leurs soupçons ; ils mandèrent à Pescaire qu'il se préparait quelque mouvement contre les Impériaux. Enfin, le 10, après douze jours de silence, les commissaires vénitiens leur transmirent une réponse de la Seigneurie, mais portant seulement que les agissements des Impériaux dans le Milanais inquiétaient le gouvernement de Venise et, qu'avant de traiter, ce dernier désirait connaître les vues de l'Empereur sur le duché. Une nouvelle conférence, qui eut lieu le treize entre les ambassadeurs et les commissaires, se passa comme celle du 10 en discussions sans résultats. Cf. Caracciolo et Sanchez à Charles V, 4, 10 et 20 novembre, Gavangos, m, 252, 255, 256 et 274, et les mêmes à Pescaire, 6 novembre, ibid., 254.
(3) « Hodie Papa habuit nova ex Venetiis quod hujuismodi resolutio venerat missaque fuerat Veronam ubi erat orator Gallus, qui, incontinent!, Venetias veuturus erat. » Ghinuccî à Wolsey, 13 novembre, Rec. Of. Brewkr.iv, 1761. — Cf. Caracciolo et Sanchez à Charles V, 20 novembre, ut sup., 274 ; Bayeux à Madame, 18 novembre, P. J.,xxxix,et DogeàOrio, 21 novembre, Brown, ni, 1171.
(4) Ghinucci à Wolsey, 13 et 14 novembre, ut sup., 1761 et 1765, et Doge à Orio, 21 novembre, ut sup.