EXIGENCES DU PAPE (NOVEMBRE
l'armée impériale ; celle-ci était peu nombreuse et les soldats qui la composaient mal payés et mécontents; ils étaient abhorrés des populations de la Haute Italie qu'ils opprimaient et les fréquentes émeutes excitées parleurs exactions permettaient d'espérer qu^on y pourrait organiser un soulèveraentgénéral contre leur domination( 1 ) .
Pressés par l'évêque de Bayeux, les- Vénitiens répondirent le 18 novembre qu'ils seraient « très contentz de venir à la conclusion de la lygue » aux conditions offertes par la Régente, mais, ajoutèrent-ils, « ce sera au cas que le Pape vueille luy aussy entrer et contribuer à cestedite lygue » (2). Pour sa part, Clément VII avait notifié le 16 au comte de Carpi que les articles envoyés par Madame ne lui déplaisaient pas et qu'il était « bien délibéré de venir à la conclusion de la lygue et confédération ». Toutefois, il avait demandé quelques modifications. La principale avait trait au mode de paiement de la contribution mensuelle. Le Pape désirait qu'on (( l'assurât de l'argent pour troys ou quatre moys » ; de plus, bien que cet argent fût destiné à solder des troupes françaises, il demandait que le Trésor français n'en ordonnançât pas directement la dépense et que « la total le somme fust remise à Venise et à Romme ». Ainsi déposés en lieu sûr^ ces trois ou quatre termes de la contribution, s'élevant au total à 120.000 ou à 160.000 écus, garantiraient les confédérés contre les risques éventuels d'un accord franco-espagnol (3).
Ces exigences nécessitèrent l'envoi d'un courrier en France (4) et la conclusion de la Ligue se trouva retardée jusqu'à son retour. Cependant, aussi bien à Rome qu'à Venise, on ne laissa pas de prendre toutes les mesures en vue d'une guerre imminente. Les Vénitiens constituèrent une réserve de 150.000 ducats et le Pape de 300.000; ce dernier demanda aussi aux Florentins 200.000 autres ducats; le duc de Ferrare amassa également de l'argent (5). Les
(1) Sur la maladie de Pescaire et sur sa mort, qui eut lieu le 2 décembre, cf. Herrera à Charles V, 30 novembre, et Najera au même, 7 décembre, dans Gay., m, 287 et 293. — Sur le dénuement des Impériaux et les excès auxquels ils se portaient, cf. les lettres de Najera dans G.vy., m, 199, 239, 271, 280, d'Hurtado, ibld., 288, et P. J., n<"* xxxiv. xlviu, l et li.
(2) Let. du 18 novembre, P. J., xxxix.
(3) Let. du 21 novembre, P. J., xl.
(4) Let. du 21 novembre, ut sup. — Cf. aus.si Doge à Orio, 21 novembre, Brown, m, 1171.
(5) Ghinucci à Wolsey, 25 novembre, Rec. Of. BKEwiin, iv, 17'81. — Il parait que, pour se procurer de l'argent, Clément VII imposa une taxe de deux décimes sur tous les offices et bénéfices de sa cour. Cf. Caracciolo et Sancbez à Pescaire, 6 novembre, G.w., m, 254.