CONSEILS DONNÉS A MADAME ( J U I LL ET-A O U T
Tandis qu'on négociait à Tolède, à Londres, l'accord anglofrançais était sur le point de se conclure. Au reste, bien avant que le traité en fût signé, l'entente la plus complète régnait entre les deux gouvernements. Nous savons qu'ils n'agissaient que de concert en Italie ; il en était de même en Espagne.
Ainsi, en même temps qu'elle communiqua au roi d'Angleterre et au Cardinal le texte de la trêve de Bréda, la Régente les instruisit des pourparlers poursuivis en Espagne au sujet d'une suspension des hostilités et de la venue de Madame d'Alençon ; elle les pria même de lui laisser connaître leurs sentiments sur ce voyage et les conditions auxquelles ils estimaient convenable de traiter avec l'Empereur (1). — Sur ce dernier point, leur réponse n'était pas douteuse. Le but du gouvernement anglais étant de s'opposer à l'accroissement de la puissance impériale et aussi au rapprochement de la France et de l'Espagne, le conseil de Wolsey et de son maître fut de tenir ferme contre les prétentions de Charles-Quint et surtout de ne consentir à aucune cession territoriale. Quant au voyage de la Duchesse, Madame l'ayant présenté comme propre à encourager le Roi dans ses résistances, ils y donnèrent leur complète approbation (2).
(1) Cf. les lettres de Madame des 26 juillet, 1=% 16, 28, 31 août, 28 septembre, de Robertet des 12 juillet, 16 août, 5 septembre dans Cab. histor., II, 144 et 147, et P. J., x, xi, xiv, xv, xviii, xxi, xxv, xxvii, et celles de la duchesse d'Alençon des 8, lU juillet et 22 août aux Ar. Nat. J 965, 2, 20 et sans cote (dans J 966). — Sur l'ordre de François I" lui-même, le gentilhomme de la Chambre, -Pérot de Warty, fut dépêché à Londres pour porter au roi d'Angleterre et au Cardinal les remerciements du roi de France et les instruire des négociations d'Espagne. Cf. Madame à Wolsey, novembre, B. M. ms. Cott. Calig. E m, f" 3 ; la même aux ambassadeurs, 15 novembre, Ar. Nat. J. 965. 4, 22; Robertet aux mêmes, 17 novembre, P. J., xxxvii.
(2) Cf. Brinon et J. Joachim à Madame, 29 juillet, P. J., xii ; Madame aux ambassadeurs, 1" et 28 août, P. J., xiv et .xviii. — « Je vous advise que, suivant l'advis et oppinion de M"^ le cardinal d'Yort, j'ay faict advertir le Roy de la conclusion dudit traicté de paix par vous faict avecques ledit roy d'Angleterre, luy suppliant qu'il ne voulsist aucune chose accorder ne promettre pour sa délivrance qui feust au préjudice et dommaige de son royaulm.e, de sa grandeur et de son honneur, et surtout de n'en bailler aucunes terres ne faire aucunes renonciations ; sur quoy, pour encores mieulx lui faire entendre ce que luy emporte ce que dessus, et voyant le désir qu'il a de veoir ma fille la duchesse d'Alençon, j'ay consenty son allée en Espagne, principalement pour bien et seulement remonstrer audit