‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 117 sur 225 · MISSION DE BRION (DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

MISSION DE BRION (DÉCEMBRE

la Bourgogne, l'accord fut aisé sur les autres points et quelques conférences suffirent pour arrêter les bases de la paix (1).

A l'égard de l'Angleterre, Madame avait gardé le silence le plus strict sur cette mission décisive de Brion. Elle n'en avait- pas parlé aux représentants anglais auprès d'elle ; elle n'avait pas chargé le président de Rouen d'en instruire Henri VIII ni Wolsey. Tout au contraire, elle s'était attachée à leur laisser croire qu'elle ne s'accorderait pas de sitôt avec Charles-Quint. Le 23 décembre, le bruit ayant couru à Lyon que la paix était signée, Fitzwilliam et Taylor lui avaient demandé des explications ; mais elle leur avait répondu qu'elle n'en avait aucune nouvelle (2). Quelques jours plus tard, elle leur avait fait valoir que, conformément aux avis d'Henri VIII et de Wolsey, elle ne consentirait pas à prolonger la trêve de Tolède qui expirait le 1" janvier (3). Rien dans sa correspondance avec son ambassadeur à Londres ou dans celle de son confident Robertet n'avait trahi son désir de renouer avec l'Espagne et son espoir d'y réussir bientôt (4). A peine Brinon en avait-il été averti en janvier 1526 par Mme d'Alençon (5), mais cette lettre, tout intime, n'était pas pour être communiquée au gouvernement anglais. Encore le 19 janvier, J. Joachim, écrivant de Lyon à Brinon, prenait soin de démentir « les nouvelles d'accord, de paix et de mariage » dont celui-ci lui avait mandé qu'on parlait à Londres (6).

En Espagne, on avait aussi essayé de se cacher des ambassadeurs anglais; mais la chose était moins aisée qu'en France ou en Angleterre. Bien que les pourparlers fussent conduits dans le plus grand secret, Tunstall et Sampson ne tardèrent pas à en avoir connaissance. Ils intervinrent aussitôt; non contents de rappeler 'à Gattinara que Chai-les-Quint leur avait promis de mettre cà la charge du Trésor français les indemnités dues à l'Angleterre par l'Espagne, ils prétendirent encore qu'on insérât au prochain traité une clause de garantie des engagements de Moore. Le Chancelier les assura qu'on pourvoirait au paiement des indemnités, mais refusa de s'engager au sujet de la garantie (7).

(1) MiGNET, II, 159-168.

(2) Lettre des ambassadeurs du 24 décembre, B. M. ms. Cott. Calio-. D ix f° (101) 109, et Brewer, iv, 1837.

(3) Lettre du 31 décembre, Rec. Of. Brewer, iv, 1850.

(4) Cf. P. J., xLvi et siiiv.

(5) Lettre du 14 janvier dans Génin, n° 47, p. 208.

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