‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 12 sur 225 · FLORIMOND ROBERTET · texte numérisé non relu

FLORIMOND ROBERTET

C'était déjà mûr, à plus de quarante ans, qu'il avait quitté sa province. Anne de Bretagne, de passage à Montbrison lors de l'expédition de CharlesVIII à Naples, l'avait pris à son service en qualité de secrétaire. Il avait rapidement gagné sa confiance et celle du Roi son mari. D'une puissance de travail extraordinaire, fort aimable, beau diseur et sachant parler quatre langues étrangères, l'allemand, l'italien, l'espagnol et l'anglais, FI. Robertet était un homme précieux. Charles emprunta à sa femme ce linguiste qui se trouva doublé d'un diplomate. Il l'envoya successivement en Italie et en Angleterre « pour négocier quelques affaires secrètes dont il vint heureusement à bout (1) ». Ses succès dans ces missions décidèrent le Roi à se l'attacher par un titre officiel, celui de Notaire et Secrétaire commis à signer en Finances, c'est-à-dire ayant « plain povoir de signer et expédier tous mandemens, lettres patentes et missives, cédulles, estatz et toutes autres expédicions et lettres concernans le fait et distribucion des Finances (2) ». De ce poste, jusqu'alors assez subalterne, qu'il conserva jusqu'à sa mort, Robertet sut faire une des plus hautes charges de la monarchie ; on l'a justement appelé « l'ancêtre des Secrétaires d'État ». 11 était déjà très en vue à l'avènement de Louis XII. Sa commissioii en Finances lui ayant été continuée par le nouveau Roi, en quelques années sa situation grandit prodigieusement. Il eut le bonheur et l'habileté de plaire au Cardinal d'Amboise qui se remit sur lui du soin de beaucoup d'affaires.

Devenu en 1503, sans cesser d'être Secrétaire des Finances, Trésorier de France au département de Normandie, ce qui l'éleya au sommet de la hiérarchie administrative et lui assura un gros traitement, Florimond Robertet porta désormais un titre en rapport avec son influence réelle et digne de la place qu'il s'était faite au Conseil royal. Peu après, il conclut sur le tard un mariage des plus avantageux. En octobre 1504, âgé de plus de cinquante ans, il épousa la fille orpheline du grand financier Michel I Gaillard, qui en avait seize. C'était une riche héritière : elle lui apporta une dot énorme de 100,000 livres, à laquelle le Roi joignit un cadeau de noces de 10,000 écus (3). Grâce à cette union, Robertet put rivaliser de faste avec les plus opulents de ses collègues des Finances ; il acheta la terre de Bury et s'y fit construire une demeure qui ne le céda en rien aux élégants châteaux, merveilles de la Renaissance, élevés par

(1) Oraison funèhrc, pp. 10-14.

(2) Expressions d(> la formule de commission consignée dans le ms. t'r. 5500, f" IV, Dorso, au bas.

(3) Oraison ftuièbre, p. 37. — Michel Gaillard était nioit en 1502 Général au dép.'irtemeni d'Outre-Seine.

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