‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 13 sur 225 · FLORIMOND ROBERTET · texte numérisé non relu

FLORIMOND ROBERTET

les Bohier à Chenonceaux on les Berthelot à Azay-le- Rideau (1^.

Dès lors, on vit en lui un personnage. La conduite de Machiavel et des ambassadeurs toscans à son endroit en est la preu\-e. Ils le visitent à leur arrivée en France, tout ainsi que le Chancelier ou le Grand Maître; ils ont avec lui de fréquents entretiens, s'occupent d'assurer le recouvrement de ses créances, le recherchent de toutes manières; rien ne leur coûte pour se concilier ses bonnes grâces (2^. C'est qu'il est tout puissant, surtout en matières de finances ; les Généraux n'osent rien lui refuser 1.3). Loin d'arrêter l'essor de sa fortime, le décès du Cardinal, survenu en Mai 1510, le mit au premier rang. Au rapport des Toscans, « son crédit fut ])lutôt augmenté de deux sous pour livre que diminué d'un denier (4) ». D'accord avec Boucicaut, l'évêque de Paris et le bailli d'Amiens, il domina sans conteste au Conseil (5): incapable d'y balancer son influence, le Chancelier se vit réduit au rôle le plus effacé. (( En fait », écrivent les Toscans, (( Robertet est le pivot de cette Cour; il fera toujours prévaloir son avis; car on voit qu'en tout il est resté l'oreille et la langue du Roi (6) ».

L'arrivée de François I^ï au trône trouva Robertet au comble de la puissance. Débarrassé par la mort ou par la disgrâce de tous ses rivaux, riche, bien apparenté, il avait peui)lé de ses créatures le Conseil et l'administration; son renvoi eût été une révolution. Son plus beau coup avait été de s'attacher d'avance le nouveau Roi : en mai 1514, il lui avait rendu le signalé service de décider Louis XII à la conclusion de son mariage avec la princesse Claude (7). Il

(1) Sur Bury, cf. les trois planches de Ducerceau, Les plus excellents bastimonts de France, Paris. 1607, 2 vol. in-f" ; les deux estampes d'Israël Silvestre (pp. 114 et 190 du Catotofyue de L. A. Faucheux, Paris, 1857, iu-8"), et le Dictionnaire d'Architecture de Viollet-Leduc, y" Château.

(2) A la première légation de Machiavel, eu août-novembre 1500, Robertet semble déjà tout puissant et le second au Conseil après le Cardinal; les Machiavel se ménagent avec lui plusieurs entrevues (Œm-res de Machiavel, éd. Periès, viii, 11.3, 129, 145, 168, 177, 204, 209). A la seconde légation, en janvier 1504, il en est de même {Id. vui, 233, 23.i, 270). — Cf. .1 mbas. Toscans, n, pp. 94 à 500, passim.

(3) A mbas. Toscans, ii, 137.

(4) Ut sup., II, pp. 508-509. — Dans sa troisième légation (juillet-septembre 1510), Machiavel est toujours renvoyé par Louis XII au seul Pvobertet pour que celui-ci lui fasse connaître les volontés royales. Cf. éd. cit. ix, pp. 274, 277, 323 et suiv.

(5) Ainbas. To.^can.s-, ii, pp. 509-515. (6) Id. ibid., p. 515.

(7) Fleuraxge, éd. Petitot, p. 263 ; Fleurauge ajoute que « Robertet poui' lors (en 1514) gouveruoit tout le Royaume, car, depuis que monsieur le Légat d'Amboise moui-ut, c'estoit l'homme le plus rapproché de son maistre ».

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