‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 120 sur 225 · DIPLOMATIE FRANÇAISE EN ITALIE · texte numérisé non relu

DIPLOMATIE FRANÇAISE EN ITALIE

aux Français, on les pressa de ne pas abandonner l'Italie à la merci de l'Empereur et d'entretenir les pratiques entamées dans la Péninsule avant la conclusion de la paix. — Ces conseils furent d'autant mieux accueillis des intéressés qu'ils se trouvaient d'accord avec leurs propres sentiments.

Sans doute, tant que son fils était encore captif, Madame ne pouvait s'engager dans des intrigues qui auraient compromis son élargissement, mais il est des moyens de laisser entendre ce que l'on n'ose dire, et nous pouvons être assurés que les agents français, sinon la Régente elle-même, n'épargnèrent rien pour dissiper les craintes des Italiens sur les suites du traité de Madrid (1). Tandis qu'à Londres Brinon protestait devant L. Orio des bonnes dispositions de François I""- à l'égard des Vénitiens (2), h Venise, levêque de Bayeux et son collègue A. de Florence sollicitèrent une audience secrète et affirmèrent que le Roi démontrerait par ses actes son affection pour la Seigneurie dès qu'il serait de retour en France : qu'elle demeure fidèle à la Ligue, ajoutèrent-ils, et leur maître ne resterait pas en faute avec elle (3). A Rome, le comte de Carpi ne tint pas un autre langage ; évitant prudemment de mettre en avant François I^r ou la Régente, il exhorta le Pape à ne pas perdre courage et, sans rien dire que son gouvernement ne pût désavouer, il lui fit espérer que le Roi, rendu

Sénat le grand danger qu'il y aurait à laisser Charles-Quint venir en Italie et le pressa d'y pourvoir. Il ajouta que son maître avait déjà suffisamment montré quels étaient ses sentiments à l'égard de la Seigneurie et qu'il ne l'abandonnerait que lorsqu'elle s'abandonnerait elle-même. Cf. J. Casai à Wolsey, 23 mars, B. M. ms. Cott. Vitel. B vin, f» (22) 25 et Brewer, iv, 2058. — A Rome, G. Casai et Ghinucci n'avaient pas encore reçu d'instructions de leur gouvernement à la date du 5 mars (cf. G. Casai et Ghinucci à Wolsey, 5 mars, B. M. ms. Cott. Vitel. B viii, P (21) 26 et Brewer, iv. 2012), mais il est plus que probable qu'ils en reçurent peu après et qu'ils ao-irent dans le même sens. '^

(1) « Habui hoc mane a viro cui credi potest quod mater régis Gallorum per bonum médium etsecretum significaverit Venetis ut in resolutione rerum suarum supersederent donec rex Galli;e esset in Francia, quia tune ostenderet quicquid cum Cgesare egerit per vim agisse. » Ghinucci à Wolsev 6 mars, B. M. ms. Cott. Vitel. B. viii, f" (21*) 27, et Brewer, iv, 2016.' Quelques jours après, G. Casai écrit qu'un certain Théodore a mandé aux Vénitiens au nom de Madame de ne pas perdre courage et que le Roi ne les abandonnerait pas. G. Casai à Wolsey, 28 mars, B. M. ms. Cott. Vitel B viii f- (22) 28, et Brewer, iv, 2058.

(2) Orio à Seigneurie, 12 février, Brow'n, m, 1219.

(3) Caracciolo et Sanchez à Charles-Quint, 22 février et 6 mars, G\v\n- Gos, m, 344 et 356.

Page 1