INSTRUCTIONS DE THOS. CHEYNF.Y
tion de rester fidèle à ses serments. Dans cetle éventualité, Cheyney et Taylor étaient autorisés à tenter un suprême effort. Après avoir pris soin de spécifier qu'ils parlaient sans ordres et sous leur propre responsabilité, ils devaient insinuer qu'une conférence entre Sa Majesté et le roi d'Angleterre aurait peut-être pour résultat l'adoption de mesures propres à rendre l'Empereur moins exigeant (1).
Telles étaient en substance les Instructions confiées à sir Thos. Cheyney lors de son départ pour la France. Derrière toutes les recommandations de prudence et le désir assez naturel de ne s'engager qu'à coup sûr, le but de la politique anglaise y apparaît nettement défini : il s'agit d'empêcher par tous les moyens l'établissement d'un accord durable entre Charles - Quint et François lei-.
Le Secrétaire vénitien et le représentant du Pape avaient prévenu sir Thos. Cheyney ; dès la fin de mars, Rosso avait présenté les compliments de la Seigneurie au roi de France et Capino avait fait de même au nom du Pape quelques jours après. L'un et l'autre avaient été fort bien accueillis et François h^' les avait assurés que son plus grand désir était de voir se conclure incessamment une ligue franco-italienne (2) ; en même temps, bien qu'il n'avouât pas encore l'intention de manquer aux engagements de Madrid, il avait affecté de se plaindre des mauvais procédés dont l'Empereur avait usé à
(1) Instructions de Cheyney, B. M. nis. Cott. Calig. D ix, t" (174)172, et Brewer, IV, 2039
(2) Cf. Doge à Orio, 18 avril, donnant l'extrait de deux lettres de Rosso du 24 et du 28 mars, Rec. Of. Brewer, iv, 2111 et Rosso à Seigneurie, 2 avril, Browh, m, 1236. — Quant à Capino, il n'arriva auprès de François l'' que le 4 avril. Cf. Ghinucci à Wolsey, 21 avril, B. M. ms. Cotton. Vitell. B VIII, f- (25)31, et Brewer, iv, 2116. Dans l'entrevue qu'il lui accorda, le Roi « ei declaravit mentem suam esse omriia facere quae ei possibilia essent, pro tuenda liberlate Italiaj, si modo Italia; principes velint sibi ipsis non déesse, et quod, cum petiisset an ille mandatum a Pontificc haberet ad conditioues et ille respondisset quod non, ipse rex Gallorum injunxit sibi ut statim scriberet pro ipso mandato et quod ipse rex Gallorum scripserat jam ad regem Angliae quem cupiebat esse caput fœderis et sperabat quod promitteret ipsum regem Gallorum promissa observaturum. Idem exposuit Papai orator venetus habuisse ab eorum Secretario quem ad regem Gallorum miserant ». Let. du 21 avril, ut snj>., î" (26) 32 et n" 2117.