INSTRUCTIONS ANGLAISES PI' 4 MAI
A la suite des communications du Maître d'hôtel de Madame, Henri et son Conseil, écrivait Wolsey, avaient soigneusement examiné les conditions de l'accord franco-espagnol en même temps que les circonstances qui en avaient accompagné la signature. De ce travail, il était résulté chez eux la conviction profonde qu'un semblable traité avait été extorqué au roi de France par la violence ou par la terreur. Des engagements de cette sorte n'engendraient aucune obligation et seule une confirmation accordée par le Roi, libre et dégagé de toute appréhension, paraissait capable de leur donner quelque valeur exécutoire. Malheureusement, il ne pouvait être question pour François 1er d'un tel état d'esprit, car non seulement on l'avait gardé prisonnier jusqu'au moment de son entrée dans son royaume, mais encore on l'avait contraint de livrer des otages. Et d'ailleurs, à parler franc, les stipulations de l'accord avaient trois défauts qui s'opposaient à ce qu'elles fussent accomplies :
1" Elles étaient impossibles ;
2» Elles étaient contraires à la raison et à l'honneur ;
3» Elles tendaient à la ruine de toute la chrétienté.
En efïet, pour qu'une partie quelconque du territoire du royaume fût cédée valablement, il était nécessaire que les Parlements, la Chambre des Comptes et les États-Généraux y donnassent leur libre consentement, ce qu'ils ne feraient point, et partant, François 1er ne pouvant opérer seul une telle cession, celle-ci constituait une condition impossible.
Il en était de même de la clause qui obligeait le roi à défendre à ses dépens les États de l'Empereur, car ces États étaient trop éloignés les uns des autres.
Quant aux motifs qui faisaient de l'accord franco-espagnol une convention déraisonnable et déshonorante, ils étaient nombreux. Le premier était que les conditions mises à la délivrance du roi de France créeraient un fâcheux précédent pour les souverains qui tomberaient désormais entre les mains de leurs adA^ersaires ; jusqu'alors en effet, il avait été d'usage entre princes chrétiens d'accepter une rançon en argent et non d'exiger des provinces légitimement possédées à titre héréditaire. — En outre, les secours fournis à Charles-Quint pour son voyage en Italie priveraient François F''