DUPRAT
était d'ailleurs depuis 1513 Fallié de la niaisou d'Angoulênie : son Ix^aii-frère, Michel II Gaillard avait alors épousé Souveraine d'Angoulême, sœur naturelle du futur François I«i\ Qu'avait à craindre un si habile homme? Le Roi et sa mère lui accordèrent sans marchander leur entière confiance; Florimond Robertet fut plus en faveur que jamais. Il avait alors dépassé soixante ans. Fréquenmient incommodé de malaises de toutes sortes, tourmenté de la goutte, bientôt menacé de cécité par la cataracte, il était d'une santé chancelante; les dépêches diplomatiques sont pleines de ses indispositions (1). Mais ni Tâge ni les infirmités ne l'empêchaient de prendre au gouvernement la part la plus active. Le nombre des actes contresignés par lui sous le règne de François ler est immense. Les ambassadeurs français auprès des Cours étrangères étaient en correspondance régulière avec lui ; il leur répondait le plus souvent de sa main. De même, il écrivait presque toujours lui-même les minutes des instructions et des dépêches qui leur étaient envoyées au nom du Roi ; lorsqu'il lui arrivait de confier cette tâche à un secrétaire, il revoyait avec soin le travail ; il n'est pas de pièces de ce genre qui ne porte des corrections de son écriture. Ces surprenantes facultés de travail n'avaient pas diminué en 1524; à 75 ans, plus malade et plus cassé que jamais, presque aveugle, il avait la main et l'esprit à tout; affaires de l'intérieur ou pourparlers avec les princes étrangers, rien ne lui échappait. Les Pièces Justificatives qui accompagnent la présente étude démontrent à l'évidence qu'il ne resta étranger à aucune des négociations suivies en Angleterre et en Italie; il fut alors un véritable ministre des affaires étrangères. Et il ne négligea pas pour cela ses devoirs de Secrétaire des Finances ; toujours assidu au Conseil, il y prenait note de toutes les mesures qu'on y décidait et en faisait expédier les actes; son carnet de notes, écrit en entier de sa main, nous a été
conservé (2).
A n'en pas douter, Florimond Robertet fut l'homme dont la Régente demanda le plus souvent les avis, le Conseiller dont elle requit le plus volontiers l'assistance dans les difficiles conjonctures oi^i elle assuma le gouvernement du royaume.
Le Chancelier Duprat devait sa fortune politique à sa parenté avec
(1) Œucres de Machiaoel, ut sap., ix, p. 338 et Anibas. To.-^ca/is, ii, /lassint.
(2) Ms. fr. 5779, pub. par G. Robertet (1" fasc. du t. ii des Robertet au XVI" s.); nous ne sommes pas de l'avis de M. G. Robertet qui attribue ce ms. aux secrétaires de Florimond et qui y voit, non un carnet de notes prises au Conseil, mais un mémorandum d'expéditions de lettres royales délivrées aux intéressés (Introd. xii-xin).