MARS
esquelz le Cardinal s'arreste, c'est assavoir des cent mille escuz et déprédations, pour le présent ne' vous en escripray aultre chose, si n'est que ensuivez en tout et par tout le contenu audit chiffre en que porte l'accord et consentement desditz deux pointz. Et de là et quant ne porriez mieulx faire et pour ce que vosdictes lectres portent que ledit Cardinal s'est arresté à deux pointz, c'est assavoir, à celui de cent mille escuz, et l'autre pour le fait des marclians que j'ai interprété le fait des déprédations, à quoy a esté satisfait comme dit est, mais si vous entendiez le fait des marchans l'obligaciou des généraulx, pour cela, actcndu le temps où sommes, combien que la chose soit si déraisonnable que plus ne pourroit estre, ne demeurez à besoigner et y consentez pourveu que le sort principal nous sera baillé et que la somme sera en la masse des cent mille escuz qui se doyvent paier par an.
Au demeurant, je croy que vous aurez sceu les piteuses nouvelles que avons eues de nostre armée qui estoit delà les mons et comment mon Seigneur et filz, après avoir longuement combatu avec ses ennemys et que son cheval luy auroit esté tué, pour n'avoir auprès de luy aide pour le relever et bailler autre cheval, seroit tombé prisonnier es mains de sesdits ennemys, comme si sont plusieurs gentilzhommes de sa maison et autres gens d'apparence mors, c'est assavoir les seigneurs de la Trémoille, mareschal de Chabannes, l'Admirai, le seigneur de Bussy, et la victoire perdue ; en laquelle n'y a eu grand occision et trop plus mors de leur cousté que du nostre. Le demeurant de nostre gendarmerie avec quelques pièces d'artillerie s'est saulvé et les ramène en France Mons^ d'Alençon d'ung cousté et le seigneur de Clermoht d'autre.
Messrs, je ne scay si icelles nouvelles empescheront l'affaire pour laquelle estes là. Vous me recommanderez bien fort à Mons' le Cardinal et lui direz de ma part que le zeele et salutaire affection que avoit à la paix universelle et de mectre entre mon Seigneur et filz et son maistre une fraternité et amytié indissoluble ne se doit changer pour la forti^jae qui nous est advenue, ains par sa vertu et magnanimité y doit estre plus enclin que jamais, afïîn que chascun cognoisse que la crainte de la prospérité d(? mon Seigneur et filz ne le mouvoit de faire ce qu'il a fait, ains seullement le repos de la chrestienté et pour éviter les offenses, maulx et inconvéniens qui viennent de la guerre. Et si le pouvez asseurer que, là et quant la fortune eust esté prospère pour mon Seigneur et filz et que les choses f eussent parvenues à son désir en la Lombardie et à Naples, cela n'eust mué ne changé l'intencion qu'ay toujours eue et