‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 16 sur 225 · AN BlUNON · texte numérisé non relu

AN BlUNON

son Chancelier se trouva taire partie de la clientèle de la maison d'Angoulême. Ainsi liée à celle du futur François !«-, la fortune de Jean Brinon fut rapide. Comme Duprat, le comte d'Angoulême, à son arrivée au trône, l'éleva beaucoup. A peine âgé de trente ans et encore simple avocat, il fit de lui un Premier Président de l'Échiquier de Normandie, érigé en Cour permanente sous Louis XII et qui allait bientôt recevoir la qualification de Parlement de Rouen (1). Louise de Savoie suivit l'exemple de son fils; elle investit Brinon de la charge de Premier Président de ses Grands Jours et de son Conseil (2). Enfin, à sa Chancellerie d'Alençon, la duchesse Marguerite joignit la Chancellerie de son duché de Berry (3). Désormais, on le traite en serviteur de confiance. Lors du départ projeté de François l'-r pour l'Italie dans l'été de 1523, on le commet à la garde du petit sceau qui devait accompagner le Roi, tandis que le grand, inséparable de la personne du Chancelier, était laissé avec Duprat auprès de la Régente (4). C'était là une haute distinction qui faisait de lui une sorte de Vice-Chancelier et qui lui constituait un titre à la succession de Duprat lorsqu'elle viendrait à s'ouvrir. N'avait-on pas vu sous les règnes précédents deux anciens gardes du petit sceau avancés à la grande Chancellerie? Robert Briçonnet et Jean de Ganay, successivement chargés (( du scel étant lez nous en l'absence du grand »

Paris (p. 7), d'où il semble ressortir que Brinon fut fait Chancelier d'Alençon en même temps que P.P. de Normandie, c'est-à-dire en 1515 seulement. — Sur la situation des avocats pensionnaires des princes, cf. Delachenal, Histoire des A l'ocats, pp. 272-273.

(1) Bourgeois de Paris, p. 7, et Journal de Barrillon, B. N. ms. fr. 17444, i" 31 v\ Voy. aussi p. 47 de la 2' part, du tome i de VHistoire de la Ville de Rouen par un Solitaire. Rouen, 1731, 2 vol. in-4".

(2) Nous ignorons à quelle date. Brinon porte ce titre dans ses Instructions de décembre 1524 (P. J., n" ii) et dans diverses pièces postérieures.

(3) Contrat de mariage du 3 février 1527, Génin, p. 444. — Marguerite était avec Brinon en correspondance régulière. A ce propos, nous devons relever une méprise de M Génin. Cet éditeur, publiant (i, n"^ 36, 139 et 141) des lettres souscrites la toute eostre ou la plus que toute rostre bonne amye et adressées à M' le Chancellier, a cru qu'il s'agissait de celui d'Alençon; c'est au contraire à celui de France que la sœur de François I" écrivait ainsi ; elle souscrivait toujours ses lettres à Brinon rostre bonne mestraisse. Cf. Ar. Nat. J.966 la liasse de ses dépêches cotée J. 965, 2.

(4) Commissions des 6 et 10 septembre dans Dupuv, Traitiez concernant l'Histoire de France, Paris, 1654, in-8, pp. 443-444 et Duchesne, op. cit., pp. 566-567 ; il y a chez ca dernier une faute de lecture ; il faut Lire « la garde du Séel estant les nous » et non pas « estant les monts ». — En 1515, au contraire, Duprat avait accompagné le Roi et le petit scel, confié au président Mandot de la Marthonnie, était resté auprès de Madame (Duchesne, 565).

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