‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 164 sur 225 · XXII. — 3 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXII. — 3 SEPTEMBRE

Quant aux l"™ couronnes de mondit seigneur le Cardinal demandées estre payées quarante jours après la conclusion de la paix, vous luy ferez entendre et très instamment le prierez et requerrez qu'il sevueille contenter qu'ilz se paient incontinent la ratiffication faicte et publiée en Angleterre; car plus tost ne se peust bonnement faire.

Touchant la déclaracion demandée par mondit seigneur le Cardinal pour la compréhension d'Escosse, semble n'estre convenent qu'elle soit si contraincte qu'il la veult; et, pour ce, vous procurerez, ou de non la faire, ou la réduyre en forme qu'il y soit gardé l'onneur et dignité du Roy et du royaume comme il appartient. . Et au regart de tant d'obligacions et confirmacions demandées par Mons^ le Cardinal en ce traicté, semble qu'il se doyt contenter de beaucoup moins de ce que vous avez escript qu'il demande; et, en ce, procurerez et insisterez qu'il s'en vueille contenter.

Au surplus, je vous envoyé le povoir refïormé comme le demandez pour le fait de la paix, et pareillement la ratifïicacion de la tresve. Et, quant au reste, on fait toute dilligeuce d'y besongner, pour, à tout, selon voz mémoires envoyez, satisfaire promptement, vous priant, au demourant, continuer à me faire savoir de voz nouvelles et ce qui vous surviendra, et vous me ferez plaisir, priant Dieu, Mess''^ qui vous ait en sa saincte garde.

Escript à Touruon, le dernier jour d'aoust.

LOYSE. ROBERTET

3 septembre 1525.

Brinon et Jean-Joachim à Madame.

Ar. Nat. J 965. 3, 2; Brewer, iv. 1617. — Original.

Madame, il a pieu à Dieu, qui seul peut donner la paix, tellement disposer les cueurs et la volunté du roy de Angleterre, de Mons"" le cardinal d'York et des aultres princes et seigneurs du pays que mardy dernier, xxix""»^ d'aoust, en la présence dudict seigneur Cardinal, des arcevesque de Cantorbéry et évesque de Hayl, duc de Norfolc, marquis de Excestre, milord Camberlan et aultres, les traictiés, qui avaient esté escriptz et mis en forme à toute diligence, furent leuz et rcccuz de mot à mot, et, dès ce jour, furent unanimement et amyablement en toutz leurs poinctz et articles convenuz et accordez, et jour prins pour signer au lendemain,

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qui estoit le mercrecly xxxn^e et pénultime jour dudict moys. Auquel nous convinsmes toutz ensemble et furent lesdictz traictiés signez et scellez, baillez et délivrez avec les povoirs d'une part et d'aultre; et, pour ce que le povoir du roy d'Angleterre se trouva plus ample que le nostre, ledict Cardinal nous pria, et, soubz vostre bon plaisir, fut ainsi accordé, que nous ferions réformer le nostre de semblable date et le rendrions conforme et de semblable auctoritéet amplitude que le sien, adjoustée une clause de povoir requérir et recepvoir le serment et la ratification du roy d'Angleterre.

Et considérans de quelle importance vous est la publication de ladicte paix, nous, pour y parvenir, avons tant faict et persuadé, que, par ledict Cardinal et tout le Conseil ensemble, a esté accordé que la publication de ladicte paix se fera dedens vni jours de la date du traictié, qui escherront mercredy prochain, pourveu que, de nostre part, la ferons publier dedans semblable temps en France et demeurerons ostaiges, tant pour la réformation dudict povoir, les ratifications de vous, Madame, que des princes, seigneurs et villes et émologation des Cours souveraines; ce que, pour l'honneur du Roy et de vous, Madame, nous confians en vostre bonne grâce et en Tordre qu'il vous plaira faire promptement donner à la despesche de toutes lesdictes choses, non sans grand regret, nous avons esté coutens et nous sommes submis et obligés de faire.

A ceste cause, ^Madame, il vous plaira, de vostre bonne grâce, nous faire en diligence tenir toutes les choses dessusdictes, mesmement les ratifications selon la forme accordée que nous vous envoyons, laquelle est du tout selon les traictiez, ensemble les ratifications des princes et seigneurs et bonnes villes, qui se peuvent briefvement recouvrer, et faire donner ordre que les cours de Parlements ne se lèvent que lesdictes homologations ne soient premièrement faictes. Aultrement, Madame, vous jjourriés tumber en rumpture du traictié et nous mectre en merveilleux inconvénient.

Oultre, vous plaira. Madame, faire donner ordre pour les deniers , soit par lectres de change ou aultrement. Et , pour Dieu, ne faillez à ce premier payement; aultrement tout ce qui a esté si louablement faict pour vous, Madame, pour le Roy et le royaulme se en ira du tout m ruyne. Noz pratiques de marchans pour ce premier payement ont esté toutes rompues par la déclaration de ce Roy, qui a dict ne vouloir pour riens souffrir le premier payement luy estre faict de ses deniers, disant que ce luy

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