‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 169 sur 225 · XXVI. — 9 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXVI. — 9 SEPTEMBRE

et obligations accordée entre Mons^ le Révérendissime et nous et signée de nos mains pour éviter toutz difïérendz et affin qu'elle ne se varie.

Ce jourduy a esté ladicte paix et union solennellement publiée en ceste ville de Londres, cité capitalle et principale du royaume de Angleterre, moyennant deux promesses que nous avons faictes : la première, de faire faire le semblable au royaulme de France, ce que nous ne doubtons que incontinent et en bonne diligence ne se face par ordonnance très expresse de vous, Madame, comme chose désirée, nécessaire et venant fort à propoz ; la seconde, de ne bouger de ce pays que nous ne fournissions des ratiffications et obligations convenues et accordéez, tant de vous, Madame, des princes, villes, Estatz que homologation des Courtz souveraines.

Il vous plaira. Madame, pour retirer la ratification de ce Roy, qui sera la clef de la seureté de l'affaire, car nous avons sceu et ainsi le trouverez qu'il est prince de parolle, et aussi pour nous délivrer de ce pays^ donner ordre que lesdictes rattifïîcations et obligations se facent etenvoyent le plus briefvement et diligemment que faire ce pourra.

Poursuivant noz transportz de Tournay, de l'obligation des marchantz et aultres obligations qui nous doivent estre délivrées après la ratifRcation, nous avons eu empeschement sur les xviiml. de estrelin que nous demandons pour l'obligation des généraulz, fondée sur la convention faicte avec lesditz généraulz, que l'on dit monter soixante dix mille escuz seulement, sur laquelle somme de Lxx™ écus Mons»' de Samblançey a receu xm™ écus. Ainsi resteroient Lvnm écus seulement. Et, sur ce, avons esté ouys et remonstré noz raisons. Finablement, avons esté renvoyez à nous accorder avec les marchans que l'on disoit avoir faict ladicte promesse auxditz généraulz. Avec lesquelz nous sommes convenuz, et, de ceste heure, nous a esté accordée la somme de soixante deux mil escuz, dont est cinq mil escuz oultre lesditz cinquante sept mil; dont vous povez estre du tout asseurée; mais l'argent ne sera pas si prompt que nous l'espérions. Lesdictz marchans dient avoir mis entre les mains de ung nommé Pierre Corse, ayant intelligence avec Salviat de Bloys, la somme de xiiiic écus qu'ilz dient avoir esté despartie en France pour le vin du marché, et nomment quelques personnaiges de auctorité, qui sont mortz ; Dieu leur face pardon. Et, si dient avoir donné par deçà plus de dix mil écus, et que, en payant lesdictz soixante dix mil escuz, ils en auront déboursé plus de nii''''xix mille. Néautmoins, Madame, nous ferons

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ce que nous pourrons pour en avoir et tirer davantaige, et de ce qui en sera conclud et accordé, soubz vostre bon plaisir, vous en advertirons loyaument et véritablement. Nous aurons, oultre, pour plus de 11° cinquante mille escuz de obligations, mais ce sont toutz marchans faillis et qui ont fait banc roupt, dont à peine se pourra recouvrer argent.

Madame, de ce qu'il surviendra et parviendra à nostre cognoissance vous serés souvent advertie. Nous recommandans très humblement à vostre bonne grâce et priant Dieu vous donner très bonne vie et longue.

De Londres, le neufvième jour de septembre.

Voz trez humbles et très obéissans subjectz et serviteurz.

BrINON, JoaN JOACHIN.

28 Septembre 1525.

Madame à Brinon et à Jean-Joachim.

Ar. Nat. J 965, 4, 9 (dans J 966) ; Brewer, iv, 1669. — Original.

Au dos : A Mess»"** les chancellier d'Alançon et de Vaulx, conseilliers du Roy et ambassadeurs en Angleterre.

Monsr le Chancellier et vous Mons^ de Vaulx. J'ay receu les deux derrenières lectres que vous m'avez escriptes et veu et bien entendu le contenu d'icelles. Et, pour le premier, je ne sauroys assez ne tant que je désire mercyer Monsi' le cardinal d'Yort, mon bon filz, de la bonne, grande et parfaicte démonstracion et ouverte déclaracion qu'il a faicte et faict journellement envers vous de vouloir non seullement entretenir l'amytié et traicté de paix faict, conclud et arresté entre le roy d'Angleterre et vous, maiz à vous donner conseil, adviz et addresse pour la perpétuer, augmenter et acroistre au bien, honneur, gloire et réputacion des deux royaumes. Toutesfoys, pour la raison et devoir, je vous prie que vous le merciez de par moy de toutes ces choses, lesquelles m'ont rendue et rendent tant tenue et obligée à luy qu'il ne se peut dire de plus, espérant qu'il continuera, persévérera et demourera en ceste bonne volonté et opinion comme j'ai en luy mise et posée ma parfaicte et entière confidence.

Et, après ce, l'asseurerez avecques les meilleures et plus accommo-

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