‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 177 sur 225 · XXXI. — 22 OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXXI. — 22 OCTOBRE

l'Empereur l'a recueilly, et des bons et amyables propoz qu'il luy a tenuz de sa Sainteté, et du bon vouloir qu'il a envers icelle et le saint Siège apostolicque et d'avoir avec sadite Sainteté une amytié perpétuelle et indissoluble, et respondu estre très bien disposé à la paix universelle de laquelle nostredit saint Père l'a exhorté, et tout plain de semblables parolles honnestes, qu'il avoit plaisir que ledit Légat feust présent et qu'il verroit que à luy ne tiendroit qu'il ne se feist une bonne paix. Escripvoit aussi ledit Légat à sa Sainteté que en bref il luy depescheroit ung autre courrier.

Madame, messire Grégoire de Casai, qui est venu d'Angleterre devers vous pour venir icy (1), a escript lectres de Lyon du xni^ de la bonne disposition qu'il a retrouvée en vous aux affaires de deczà et que luy avez faict dire que l'eussiez dépesché n'eust esté la maladie de Monsr Robertet et qu'il espéroit estre bien tost expédié. Et quant à moy, je désire fort sa venue, car ce qu'il pourra dire deczà de la bonne disposition d'Angleterre ausdits affaires donnera grant couraige aux parties et les asseurera fort, pour le grant compte qu'ilz tiennent de ce poinct là. Par quoy, Madame, je ne laisseray de vous recorder avec toute liumilité, combien que je saiche qu'il n'en soit besoing, que, en cas d'appoinctement que fussiez pour prendre avecl'Empereur, avoir reguard à ne faire chose qui peust desdaigner ou malcontenter le roy d'Angleterre et le cardinal d'Yorch, duquel Cardinal les Impériaulx icy ne se pevent saouller de dire mal. Encores, Madame, diray-je qu'il est de prendre guarde, se faisant l'appoinctement de delà et ayant à bailler somme d'argent ne baillant terres, ne la payer sinon avec le temps et à chescune foix petite somme, afin que n'en ayant grosse somme en ung coup il ne puysse faire quelque effect qui fust dommaigeable grandement au Roy et à ses affaires (2).

Madame, n'y estant autre, je feray fin, disant encores pour conclusion de tout une autre foiz qu'il semble à chacun (3), qui ayme le bien du Roy et de vous et dn royaulme et qui entendent les pratiques et les affaires, qu'il se doibve venir par effet, de conclure ou le party de l'appoinctement avec l'Empereur, ou de venir à l'exécution des choses traictées, que le différer est trop dangereulx, estant descouvertes les choses et réduictes aux termes qu'elles sont (4). Me recommandant très humblement à vostre bonne grâce.

(1) Commencement du chiffre.

(2) Fin du chiffre.

(3) Commencement du chiffre.

(4) Fin du chiffre.

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