‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 179 sur 225 · XXXII. — 24 OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXXII. — 24 OCTOBRE

cardinal d'Yorck Dieu scait en quelle sorte. Et me dist sa Saincteté ce que dict est avant la nouvelle venue de la prinse de Moron, et sembloit bien lors à son dire qu'il eust plus envye que la pratique tirast oultre que d'appoincter avec l'Empereur.

Mons'", depuys ladicte prinse, se voyant sa Saincteté de tout descouvert, il est vray qu'il s'est trouvé très estonné, et raesmes se sentant désarmé et sans argent comme il dict, et d'aultrepartluy estant dépainctes les peines infernales par l'archevesque de Capua, qui mect toutes ses forces à luy persuader que ladicte prinse n'ait esté faicte pour luy faire dommaige ne au duc de Bar et que l'Empereur a tousjours bonne intention ; mais tout le contraire est tant cler et manifeste que chacun est résolu de l'intention impériale.

Je croy, Mons^, qu'aurez veu ce que dernièrement vous touchoye ou du Moron ou du marquis de Pesquère quant aux descouvremens des choses. L'ung desquelz poinctz a sorty son efïect et s'en est bien trouvé esbahy le Dataire qui se cuydoit bien seurs de luy. Aussi faisoit le Pape. Le seigneur conte de Carpy faict plus que le possible de tenir l'homme en cueur ; le semblable faict le cardinal de Côme et vivement, et soyez seur, Mons'', que ledict Dataire prent ung traveil intolérable, monstrant sa bonne voulenté plus que jamais. Mais le personnaige est tant froyt et doubteux, et raesmement estant mené de près comme il est de ce frater, qu'on ne scait comme y prendre pied ferme et asseurer. Toutesfoiz les parties sont tousjours au bon couraige que le conte de Carpy escript, et se peult croire qu'ilz ne sont pour tirer arrière s'ilz voyent que de vostre costé on vienne à ce que je croy aurez veu. Et sans poinct de faulte les Véniciens tiennent bon et se déporte leur ambassadeur vivement à mectre paine de tenir l'honmie en piedz et y faict une grande ayde ; mais il est à doubter que s'il ne s'eschauffe aultrement, et lesdictz Véniciens, ne voyant qu'on responde de là ainsi qu'il leur semble le cas le requérir, et bien tost qu'ilz ne soyent pour prendre quelque party avec l'Empereur, voyans le dangier tant près d'eulx comme je croy que Mons'' de Bayeux aura peu faire entendre par ses lectres, car gens qui entendent en tel cas font la chose doubteuse (1).

Mons', il n'y a pour le présent autre sinon la venue de Loppes Hortado de Mendoza, qui arriva ung jour après la nouvelle de la prinse dudit Moron, etjusquesà ce avoit séjourné par la voye. Il n'a riens apporté de nouveau sinon belles paroUes au Pape, car

(1) Fin du chiffre.

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