‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 18 sur 225 · CLAUSES PÉCUNIAIRES DES TRAITES · texte numérisé non relu

CLAUSES PÉCUNIAIRES DES TRAITES

pas s'en prévaloir tant que duraient la paix et le service des pensions promises.

On ne saurait trop insister sur ce caractère très particulier des rapports de la France et de l'Angleterre. Du règne de Louis XI à celui de Franc^'ois I"\ la question pécuniaire domine toutes les autres; toujours ouverte, on la règle sur nouveaux frais à chaque traité. Dans les négociations de Louise de Savoie, nous la retrouverons au premier rang, objet de minutieuses et interminables discussions entre les mandataires des deux gouvernements.

Ce fut le traité de Picquigny du 29 août 1475 qui inaugura le système. Pour renvoyer Edouard IV dans son île, Louis XI prit l'engagement de lui servir une pension annuelle de 50.000 écus d'or à 33 grands blancs l'écu, payable en deux termes de 25.000 écus chacun, à Pâques et à la Saint-Michel (1). Il s'agissait d'écus d'or à la couronne de 72 au marc, dont la fabrication cessa peu après, le 2 novembre 1475, et fut remplacée ])ar celle d'écus d'or au soleil de 70 au marc. Ce fait que la première obligation pécunaire de la France fut évaluée en écus à la couronne est à remarquer : il explique pourquoi les évaluations des traités postérieurs furent faites également en écus à la couronne, bien que la frappe de ces espèces n'ait pas été continuée après le 2 novembre 1475. Ces écus étaient au titre de vingt-trois carats un huitième; leur cours, fixé à trente sous et trois deniers tournois depuis le 4 janvier 1473, fut porté le 2 novembre 1475 à trente-deux sous un denier tournois (2).

Cette contribution ne fut pas, semble-t-il, acquittée régulièrement; lorsqu'on traita à Étaples en 1492, il en était dû sur plusieurs termes incomplètement payés une somme de 125.000 écus (3). Cet arriéré, réuni à une obligation de 620.000 écus réclamée par le Roi d'Angleterre à rencontre d'Anne de Bretagne, donna une somme totale de 745.000 écus que Charles VIII promit de payer. L'annuité des-

(1) Rymer, XII, 20 et suiv.

(2) Cf. Abot de Bazinghkn, Traité des Monnaies, i, p. 386, et Nat. de Wailly, Variations de la liore tournois, p. 78.

(3) Les paiements se succédèrent conformément au traité de 1475 à 1478. ainsi qu'en font foi les comptes originaux du commis Guil. Restout (B. N. nis. fr. 10375) ; de 1478 k 1482 (Edouard IV mourut le 9 avril 1483), ces comptes manquent, mais des mentions des mss. fr. 20683, f" 52, et 23266, f"' 4 à 17. prouvent que les pensions anglaises ont été payées en 1481 et 1482; de plus, des extraits de comptes contenus dans le n" 685 des Vol. Reliés du Cab. des Titres indiquent ces pensions comme acquittées régulièrement durant toute la période 1476-1482. Comment expliquer en ce cas l'arriéré de 125,000 écus reconnu par le traité d'Étaples ? La chose n'est pas aisée, et ce point demanderait une étude à part.

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