‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 181 sur 225 · XXXIII. — 25 OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXXIII. — 25 OCTOBRE

eurent jamais le cardinal de Côme et le conte de Carpy aultre opinion que maulvaise, et creurent très bien ce qu'il leur en fut diet, et mesmement qu'on leur remist en mémoire le tour de Prospère Colonne, qui se feist grant et sceut bien faire son proffit des partys et offres qu'il monstra luy avoir esté faictz de France. Et le semblable a voulu faire ledict marquis de Pesquère, ou vrayement ayant consydéré ou eu paeur d'estre descouvert voyant les practiques aller en longueur et estre en partie descouvertes, aura voulu faire du bon varlet et se justifier, comme vous. Madame, par vostre prudence scaurez très bien consydérer.

Madame, ce jourd'huy matin, estant allé vers nostre sainct Père pour l'affaire de Mons'" le Chancellier touchant Sainct Benoist, et entrant sa Saincteté en pj'opoz des matières et pratiques qui se traictent désirant fort responce de vous de la despesche envoyée par Venise, il m'a dict que les Espaignolz avoyent demandé au duc de Bar estre saisiz de la ville et chasteau de Crémonne pour l'Empereur et que ledict duc de Bar leur avoit accordé quant à la ville et mandé icelleleur estre mise es mains et qu'il y envoyast. Et que en effect il faisoit son compte de peu à peu vouloir faire ainsi de toutes les aultres. Toutesfoiz qu'il avoit envoyé Paule de Arétio son premier chambrier en toute diligence devers ledict duc de Bar pour luy donner cueur et adviser de tenir bon et bien entendre à ses affaires, ainsi que luy a semblé estre requis et nécessaire, suyvant en cela l'advis desdictz cardinal de Côme et conte de Carpy; aussi qu'il avoit bien donné audict messire Paule de parler audict marquis de Pesquère, luy faisant entendre n'avoir pas prins leur manière de faire en maulvais sens, et tout pour le myeulx lever de la suspition qu'il eust peu prendre de ce que sa Saincteté envoyoit devers le duc de Bar ; ayant aussi chargé à sondict chambrier dire audict marquis de Pesquère sa Saincteté ne croire qu'il eust faict la prinse dudict Moron sans consultation du duc de Bar, et tout plain d'aultres belles parolles aux fins que dessuz ; aussi pour mectre s'il fust possible quelque temps en ce qu'ilz pourront exécuter au présent, actendant vostredicte responce. Laquelle, Madame, je luy ay dict croire estre bientost icy, ou par courrier exprès, ou (que) par le chevallier de Casai, qui estoit pour estre dépesché de vous le xvi« ou xyii^, lequel, ainsi que j'avoye entendu, entendroit une bonne partie de vostre résolution; mais que ce pendant il estoit très requis que le plaisir de sa Saincteté feust donner cueur et tenir en piedz les Véniciens, et que leur ambassadeur, qui estoit venu hier soir devers le conte de Carpy, selon

Page 1