XXXIV. — 30 OCTOBRE
vous a pieu luy faire pour la récompense d'ung nommé de Birago pour une commanderic qui est au duché di; Milan. J'ay bien congneu, Madame, que sa Saincteté en aura grant plaisir.
Madame, me recommandant tant et si très humblement que faire je puis à vostre bonne grâce, je prie à Dieu le Créateur qu'il vous doint très bonne et longue vie.
De Rome, ce xxv^^ jour d'octobre mvcxxv.
Vostre très humble et très obéissant serviteur.
Nicolas Raince.
30 octobre 1525.
Brinon et Jean-Joaclùm à Madame.
Ar. Nat. J 965, 3, 6; Breweh. iv, 1729. — Original.
Au dos : A Madame. — Du pénultime jour d'octobre.
Madame, le mardy xx!!!!'"*^ de ce moys me suys trouvé à More vers Mons^' le cardinal d'York, actendant le roy d'Angleterre qui y devoit ce jour arriver avec la royne, lequel seigneur Cardinal me a parlé de troys choses.
La première a esté de l'extrême maladie du Roy, de sa bieneurée convalescence, de la Visitation de l'Empereur, de l'arrivée et récepption honnorable de Madame la Duchesse, de la longue communication entre l'esleu Empereur et madicte Dame la Duchesse à Tholède et la relaxation du Roy et permission de povoir prendre son esbat jusques à dix milles es environs de Madric. Et icy endroit est tumbé sur le propos de la paix, disant que, ceste paix entendue, l'Empereur et son Conseil s'estoient adoulciz et modérez et quelque peu descenduz de leur première haultesse, tant envers la personne du Roy que vers les conditions de sa délivrance et aussy vers le royaulme de France. Contre lequel par cy-devant ilz avoyent tenu propoz de vouloir faire la guerre sur le temps nouveau , et avoient envoyé pour la commission , exhortans le roy d'Angleterre de non faire la paix avec vous et l'asseurant que le Roy ne seroit délin'é ne auroit son royaulme en paix que le roy d'Angleterre ne eût bonne partie des terres qu'il demandoit en France, et que l'Empereur vouloit diminuer du sien pour augmenter la part du roy d'Angleterre; que, ceste paix entendue, il avoit changé ce propoz. Le semblable avoit faict quant à l'Ytalie :
372 xxxiA'. — 30 OCTOBRE 1525
car il ofîroit et vouloit appointer avec les Vénitiens, asseurer le Pape et les potentatz d'Ytalie et faire et traicter condition honneste quant à son voyage pour aller prendre la couronne impériale à Rom me.
La seconde, que l'Empereur et ses gens avoient refféré aux ambassadeurs d'Angleterre que l'archevesque de Embrun et Montmorency avoient dict à l'Empereur et à son Conseil que, sans les appeler, ne tenir compte de eulx, ne faire aucune mention de messire Charles de Bourbon, ilz avoient faict la paix avec le roy d'Angleterre à meilleures et plusadvantageuses conditions pour les Françoys qu'ilz ne avoient jamais faict, et que le roy d'Angleterre avoit moiiis eu par ce traictié que par tous les aultres précédens, et qu'ilz estoient amys des amys et ennemys des ennemys, et que le Cardinal l'avoit faict en despit de l'Empereur et de quelques parolles que l'Empereur avoit dictdeluy, et qu'ilz ne dévoient différer de passer oultre à conclure entre eulx sans avoir regard ne considération au Roy son maistre, ravallans comme il disoit l'estime, l'auctorité et dignité dudit Roy et l'efïect et conséquence de ceste paix. Toutes lesquelles choses il avoit trouvées estranges, tant pour ce qu'il ne faisoit pour nous de diminuer vers l'Empereur la puissance etauctorité du roy d'Angleterre et encores moins l'importance et conséquence de ceste paix, mais faisoit et venoit fort à propoz de faire bannière de l'un et de l'autre pour parvenir à noz fins et mesmement à redresser et prospérer noz affaires ; et que c'estoit mal entendre à ceulx qui le disoient et faisoient, et cognoissoient mal ceulx à qui ilz avoient à besongner, que ces parolles de mesprison irritoient les roys et grandz princes plus que nulles autres, et que l'on se en devoit garder. Quant à luy, il procédoit syncéreraent, ouvertement et de bonne foy, et que l'on devoit avoir regard à ce que l'on disoit de luy et ne le charger sans cause. Que encores ne cessoient les Espagnolz à subtillement practiquer, sinon pour rompre, car ilz ne scauroient, au moins pour empescher qu'il n'y eust bonne intelligence entre les deux Roys et leurs royaulmes et parvenir à quelques fins que nous ne entendions pas. A ceste cause seroit saigement faict de y penser. Disant oultre que l'on avoit escript et rapporté que le Roy mesme avoit dict qu'il ne avoit point faict de paix plus commode pour luy que ceste présente, mais que les parolles du Roy estoient honnestes et véritables, eu regard au temps auquel la paix a esté faicte et à la préparation et disposition de sa délivrance, qui, par le moyen de ceste paix, a esté facilitée et se en fera à plus honneste raison. Mais il avoit esté