‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 184 sur 225 · XXXIV. — 30 OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXXIV. — 30 OCTOBRE

escript en Espaigne que messire Grégoire de Casa), estoit passé par vous, Madame, et avoit dict de mauvaises parolles de 1" Empereur; que c'estoit chose qui ne povoit estre procédée que de France, et pour Dieu qu'on fust advisé pour l'advenir, et qu'il fust sceu dont pou voient venir toutes ces parolles.

A quoy luy fust dict, commençant aux parolles du Ro}^ que le Roy, qui estoit prince saige, vertueux et recognoissant, ayant receu ceste honnesteté du roy d'Angleterre que de l'avoir voulu secourir en sa nécessité et, pour le favoriser et ayder, avoir faict paix et amytié avec luy estant hors de son royaulme et en captivité comme il estoit et soy estre le premier déclairé son amy, ne povoit à moins que de priser et hault louer et estimer ceste salutaire paix et en toutes façons se en démonstrer satisfaict, tant pour la commodité et utillité d'icelle que par toutes autres voyes. Qu'il estoit à considérer de quelle main lesdictes parolles estoient semées, et de quelle sourse elles procédoient, et à quelle fin elles se rapportoient. La main qui les semoit estoit ennemye, malveillante, non seulement suspeçonnée, mais certainement pleine de dédaing et de hayne mortelle et capitalle à rencontre de nous; la sourse, corrumpue et envenymée de l'indignation et irritation conceue de l'effect de ceste saincte paix, qui leur avoit fort réfréné leur ambition et abaissé leur haultesse et les contraignoit de embrasser et suyvre la raison ; la fin, pour brouiller ou tascher à rumpre ceste paix qui leur sembloit encores tendre et délicate, au moins à empescher l'intelligence d'entre nous et tousjours faire leur pourfict du roy d'Angleterre, retarder le payement de ce qu'ilz luy dévoient et en tyrer tousjours quelque chose, et, en change de ces parolles, en avoir et tyrer d'eulx autres aigres et poignantes pour de leur part les redire aux nostres et par ces rapportz nous mectre en aigreur et en picqueles ungz à l'encontre des autres. Et que, par l'expérience du passé, ilz pou voient juger et cognoistre quelle foy et quelle vérité il y avoit en la paroUe des Espagnolz, et quelle marchandise ils soulloient mener de vent et de parolles vaines, tant envers eulx que vers tous les aultres. Et que la qualité des personnaiges qu'ilz chargent, sobres en parler et bien advisez en leur faict et chacun d'eulx affectionnez à la paix d'Angleterre, joincte avec les autres respectz, descouvroient assés à quelle fin avoit esté faicte l'invention desdictz propoz. Suppliant ledict seigneur Cardinal que en ce il luy pleut uzer de sa prudence, vertu et discrétion acoustumée, rejecter et mectre lesdictes parolles vaines soubz le pied comme elles dévoient estre, et en ce conseiller et conforter le Roy son maistre,

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