‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 185 sur 225 · XXXIV. — 30 OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXXIV. — 30 OCTOBRE

ainsy que faire se devoit par la loy de vraye amytié. Quant à messire Grégoire, que le temps ne povoit porter que sa venue vers vous, Madame, et encores moins ses propoz eussent esté entenduz en Espaigne, et que néantmoins de tout vous advertirois à ce qu'il vous pleiît faire enquérir de la vérité, et, s'il en estoit besoing, y faire donner ordre.

La réplicque de mondict seigneur le Cardinal a esté qu'il ne croyoit ne voulloit croyre lesdictes parolles, mais que leurs ambassadeurs ne les avoient escriptes sans cause, et que, en faisant office de amy et serviteur, il vous en vouloit bien advertir, ainsy que de toutes autres choses il avoit commencé à faire.

Le tiers, qu'il avoit esté d'advis que l'article de non defîendre ce qui avoit esté usurpé depuis le traictié faict à Londres l'an mil v^ xvHi ne fust publié, et que néantmoins la publication en avoit esté faicte et en termes plus amples que ne portoit le traictié, dont ceulx de Flandres avoient faict grand cas.

La réponse a esté, que puisque la paix estoit accordée, il ne se povoit empescher qu'elle ne fust entièrement et véritablement publiée, et que ledict article, en la forme qu'il estoit couché, estoit si très raisonnable et équitable que les Flamengz ne autres ne se en povoient ne debvoient douloir ne malcontenter.

Depuis, et le xxvi^ ensuyvant vostre dernier pacquetreceu, mandé du roy d'Angleterre et de mondit seigneur le Cardinal, me retiray vers eulx à More, où ilz me feirent grande et honnorable chère. Et, après disner, présentay audit Roy voz lectres et luy fiz vos recommandations et déclaray ce que les journées précédentes je avois prédict à mondit seigneur le Cardinal touchant le faict de ceste paix, c'est assavoir l'ayse, démonstration et joye universal, tant de vous, Madame, que des princes et seigneurs et de tous les Estatz de France, sans oublyer le contentement et gratitude du Roy, duquel je luy déclairay la maladie et la convalescence, dont il estoit jà adverty par messagier exprès venu et despêché d'Hespaigne.

Sa response fust qu'il estoit très joyeulx et plus que de nulle autre chose de la bonne santé et convalescence du Roy très chrestien, son bon frère et allié, que Dieu par sa bonté avoit voulu conserver à la chrestienté, et que ce eust esté ung très grand dommage si ung tel prince et si vertueux fust mort, et que Dieu l'avoit réservé à quelque bonne et grande chose pour son service et pour le bien universal. Et en cest endroict demanda comme vous portiés. Madame, vous plaigjiant fort de l'angoisse et eninuy que vous aviés eu durant ceste triste et par trop doloreuse nouvelle. Et il luy fust

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