‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 186 sur 225 · XXXIV. — 30 OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXXIV. — 30 OCTOBRE

dict que en ceste doleur extrême l'union que vous aviés veue entre les princes et seigneurs du royaulme, avec délibération de vivre et mourir soubz l'obéissance de Mons^' le Dauphin, et l'espoir de la constance et fermeté de ceste paix, avec l'intégrité et provision du royaulme, vous avoit merveilleusement consolée. Et il dict qu'il avoit tousjours veu les Françoys vrays et loyaulx à leur prince, et que, depuis ceste dernière victoire, l'expérience en a esté faicte plus grande que jamais; car, le Roy prins, un des plus grandz princes de France son ennemy, tous les princes chrestiens animez contre le royaulme, les affaires en France grandz, il ne s'est trouvé prince, seigneur, ne homme de nom en France qui ayt branlé, chose singulière et admirable pour tout le monde.

Après, a demandé que l'on disoit de la délivrance du Roy. Je luy ay respondu que voz lectres ne en faisoient mention, mais que par lectres particulières me avoit esté escript que l'on espéroit son retour dedens ung moys en France. Et à face joyeuse il me dict : (( Dieu le veuille; si ne sort de ce pays d'Hespaigne, il ne recouvrera jà santé, car l'ayr y est mal sain. » Se plaignant y avoir perdu ung de ses bons serviteurs, chevalier de son Ordre et des premiers de sa maison, le S'' Vignefilde, et que l'évesque de Londres ambassadeur y avoit esté en dangier de mort et le doyen de sa Chapelle fort mallade, et qu'il n'avoit nul des siens qui y peust demeurer en santé, tant leur estoit la disposition de l'ayr contraire; et que le Roy luy sembloit participer de complexion coléric et néantmoins qu'il estoit ung petit chargé, et que l'ayr d'Hespaigne n'estoit bon ne propre à l'une ne à l'autre des qualités, et qu'il seroit joyeulx qu'il fust bientost délivré. Et, si fust tombé en ses mains, il ne l'eût pas si longuement tenu.

Et que la guerre qui a esté entre eulx ne a esté pour hayne ou malveillance qu'il ayt eu en la personne du Roy, car il n'avoit jamais hay sa personne, mais pour saulver le serment qu'il avoit faict par le traictié, stimulé par le Pape, l'Empereur et les autres princes, à qui il avoit promis ayde si le Roy leur faisoit la guerre. Et que ainsy l'avoit prédict au Roy, estant appuyé sur son lict, assiz en sa tante près de Guynes, le priant qui se donnast garde de le contraindre à luy faire la guerre à l'appétit de aultruy, comme forcé luy seroit et à son grand desplaisir de faire si rompoit et entreprenoit contre les autres. Ce que j'ay dict que le Roy très chrétien ne avoit faict. Et il a dict que il avoit trouvé le contraire et quelques autres parolles du duc d'Albanie et du non-payement de la somme accordée, mais qu'il n'en parleroit jamais et que cela

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