‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 187 sur 225 · XXXIV. — 30 OCTOBRE · texte numérisé non relu

XXXIV. — 30 OCTOBRE

estoit passé et qu'il n'y vouloit plus penser, veue la paix, laquelle avoit esté faicte pure et simple entre eulx, non complicquée ne mestre avec autres, trop plus aisée à tenir et observer d'une part et d'autre que la précédente, de laquelle pourra procéder la conséquence de ung autre traictié par lequel toutes occasions et racines de vieilles querelles pourroient estre extainctes et perpétuellement extirpées.

Et que, le Roy retourné en son roj-aulme , encores espère-il le veoir une foys en son privé, à moyen appareil, sans user de ces grandes cérimonies, et luy faire et dire chose qui le contentera et qui sera pourfictable pour leurs royaulmes et pour toute la chrétienté ; au bien et pourfict de laquelle, en recognoissance des grâces que Dieu leur avoit faict et pour leur acquit comme roys chrétiens, il estoit bien besoing de faire quelque bonne chose, tant pour purger et nettoyer ces erreurs qui pullulent que pour réfréner l'orgueil et la puissance du grand ennemy des chrétiens, qui de temps en temps gaigne pays sur eulx et plus fera si les roys et princes chrétiens ne se entendent et assemblent pour de toutes leurs forces y faire ce qu'ilz sont tenus. Et en ceste voulonté dict estre né et dès son jeune âge l'avoir eue et conceue en son cœur, et, quelque maladie qui luy soit venue, s'est tousjours fyé en Dieu qu'il ne mourroit point jusques à ce qu'il eust exécuté ceste bonne volunté. Et que de sa part il se contente de son royaulme, désirant que le Roy son frère le face ainsy de la sienne, considérant que Dieu luy a donné beau, grand, plaisant, opulent et abundant royaulme et pays amples qui luy doivent souffîre, et se donner garde de ce jeune conseil qui est souvent cause de faire ruyner et aflEoller les princes, les enflambant à vindectes, à nouvelles conquestes, guerres et entreprises, sans bien penser à la suyte. Aussy se doit garder de ung tas d'Italiens, coustumiés de forger inventions et faindre milles choses, non pour le pourfict du prince qu'il persuadent, mais pour parvenir à leurs fins ou pour élever leur part, ou pour avoir auctorité au pays, ou se venger de leurs ennemys, ou autrement faire leur pourfict.

Que le Roy son frère se garde de rompre de sa part, il n'y avoit apparence qu'il voulsît rompre de la sienne, car, si, en ce temps où il a veu le Roy prisonnier, l'Empereur son allié, Bourbon sur ses piedz et aultres choses assés à main^ il ne a reflfusé honnestes conditions de paix, doit-on penser que, le Roy son frère confermé en son royaulme, il luy voulsist faire la guerre ; homme ne le scauroit juger. Et quant à Bourbon, combien que en guerre on se ayde de tous moyens, néantmoins la vérité est, et ainsy se

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