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trouvera, que, devant qu'il entendist quelque chose de sa volunté, la practique estoit desjà menée et fermée entre l'Empereur faisant pour eulx deux et ledict de Bourbon, et, quelque chose qu'il y eust, jamais ne avoit eu le cueur de user de l'œuvre dudict de Bourbon, qui avoit tousjours milité avec les gens de l'Empereur, sans jamais l'avoir appelé pour militer et se trouver avec les siens. Et, retournant sur le faict de la paix, a dict qu'il ne failloit point doubter que la paix ne fust pourfictable et ne eust esté aggréable en l'un et en l'autre des royaulmes, demandant à quoy il tenoit que les ratifications et obligations promises et accordées n'estoient encores venues.
La response a esté qu'il avoit volu cincq sortes et formes de ratifications et obligations : l'obligation et ratification du Roy, qui estoit en Hespaigne, détenu comme il scavoit, et avoit esté longuement et extrêmement malade et jusques à puis n'a guères qu'il commençoit à venir à convalescence ; les obligations et ratifications devons, Madame, qui estoientjà faictes ; les obligations et ratifications des princes et seigneurs de France semez et dispersez en plusieurs lieux ; les obligations des grosses villes de France de une frontière à l'autre, chacune desquelles avoit voulu et vouloit veoir et entendre les traictiez ; le décret des quatre Parlemens, qui s'estoient levez au moyen des vacations, et icy endroict luy ay déclairé ce qui avoit esté faict pour les réassembler ; la ratification des Estatz de Normandie et de Languedoc, qui se assemblent par mistère et où il fault solennité, forme et façon de faire grande et qui requiert du temps. Que le terme couroit jusques à la fin de novembre, lequel n'estoit encores escheu. Que le payement premier, qui est ung des principaulx poinctz, estoit jà faict. Que vous, Madame, m'aviés escript, et ainsy l'espérons, que le tout se parferoit et envoyeroit dedens le terme et qu'il n'y auroit faute ne difficulté; et sur ceste paroUe et confidence avés consenty de me lyer, et, combien que mon estât fust médiocre, néantmoins ma personne me estoit aussy prochaine et aussy chère que du plus grand prince et seigneur du monde. Sur ce, dict le Roy qu'il entendoit bien que, si nous ne eussions entendu comme les choses se pourroient faire, nous ne nous y fussions obligez.
Après, dict que, peu après la prinse du Roy, le doyen de sa Chapelle, son ambassadeur, vint congratuler l'Empereur et, en la présence de son Chancellier, luy dict que au moyen de ceste prise il voyoit les choses bien disposées et que ung chascun pourroit bien avoir sa raison ; et que ledict Chancellier print la parolle et luy
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dict que l'Empereur feroit ses affaires et qu'ilz feissent les leurs, si bon leur sembloit. Et pour ce, oultre les autres regardz qu'il avoit eus, ne avoit volu différer de faire son affaire à part; dont il disoit l'Empereur, le traictié veu, avoir dict non estre mal content, mais, puisque le roy d'Angleterre avoit faict son traictié, qu'il feroit le sien de sa part. Et que l'Empereur estoit son affîn et confédéré, combien que, quant il seroit question de faire la guerre, jaçoit ce que le passé y ayt eu grand inimitiez entre les deux nations de France et d'Angleterre, néantmoins de présent les gentilzhommes et le populaire de ses pays de trop plus grande gayeté de cueur feroient la guerre aux Flamengz que aux François, et que néantmoins il espéroit qu'il n'y auroit guerre d'un cousté ne d'autre.
Le discourz fust en responses et remonstrances assés long, mais je ne pense riens omys en tous les propoz qui furent dictz par le roy d'Angleterre. Et ce jour arrivé moy Joachin du retour de Calaiz de faire le premier payement.
Et le lendemain xxvii^, derechef convinsmes avec mondict seigneur le Cardinal audict lieu de More. Qui nous nota derechef les principaux points du raisonnement de la journée précédente en nous déclairant et confermant la bonne volunté du Roy son maistre, lequel ne avoit tenu compte du rapport des Hespaignolz, desquelz il entendoit la malice et les fins pour les avoir practiqués et l'expérience du passé ; toutesvoys vous prioit. Madame, de y faire avoir l'œil pour Te temps advenir.
Après, tumba sur ce que messire Grégoire de Casai avoit escript, et nous communicqua toutes ses lectres; etsembloit par ses propoz goûter l'ordre pris pour l'offensive et se y encliner et accorder sans aucune difficulté.
Ce faict, entra en quelques propoz que moy, Brinon, ne vous puis escripre, pour ce qu'il me feist promectre que ne vous en manderois riens.
Finablement, parlasmes des prisonniers de guerre qui doivent estre deslivrez d'une part et d'autre; et accorda que, Gillefort délivré, tous les prisonniers estans es prisons d'Angleterre fussent mis à plaine délivrance en payant leur vivre seullement.
Parlasmes aussy des obligations qu'il nous devoit transporter et délivrer, ou à Anthoine Cavalier l'un des marchans, si la paction faicte avec luy soubz vostre bon plaisir vous estoit aggréable. Il s'excusa de prime face sur l'absence du thrésorier. Nous luy remonstrames que son commis principal nommé FouUer estoit présent. Il fust appelle et avec luy fust accordé que le garand, c'est-