‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 190 sur 225 · XXXV. — NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XXXV. — NOVEMBRE

vouldra, il n'est mestier de ratiffication ou approbacion, car ilz seroyent serfz en tel cas et ung serf ne se peut obliger: aprouver ne ratiffîer présupose libre condicion de l'homme.

L'estat de l'Église et de Noblesse disent qu'il ne leur sera jamais reproché d'estre cause originelle de telle jacture, obligacion et servitude à leursditz Estatz, et que aussi ne sont demueent fondez en procuracion pour ce fère, actendu qu'il ne s'est faict en Normandie aucunes convencions de Testât de l'Église ne de Testât de Noblesse, mais seullement a esté faicte seulle eslection des troys Estats en la manière acoustumée.

Et, si on respond qu'il suffit de la convencion des trois Estatz en la manière accoutumée^ lesditz Estatz respondent que, jaçoit qu'il suffiroit de la part du Roy, de Madame et des Anglois, si ne sufïîroit-il pas de la part desditz trois Estatz. Car en ce cas ilz demeurent (ilz demeurent) obligez lesdictz estatz de l'Église et de Noblesse sans jamais y avoir consenti. Et, pour ce que tout le monde n'entent pas comme lesditz trois Estats ont de coutume de soy assembler, il est à noter que Testât de l'Église et de Noblesse n'y conviennent sinon que par forme de conseil et pour donner confort et ayde au tiers estât, qui seul se oblige à certaine somme de deniers requise et demandée par le Roy, et qu'il soit vray que telle convencion se feroit en telle sorte et par les bailliages chascun à part soy les troys Estatz s'entrent eslirent, l'Église eslict le Noble, et le Noble TEsglise, et l'Église et le Noble eslirent le tiers estât, et pareillement le tiers estât eslict TEsglise et le Noble. Et, pour ce, ses Estats ycy ne sont de la nature des autres, actendu qu'il est question d'approbacion et ratifficacion que ung chascun Estât y est obligé, requis seroit d'avoir de chascun desdictz Estatz certaine et particulière procuracion, et que les procuracions qu'ilz ont de coutume de porter ne sont vallables, car l'Église ne peult obliger le Noble, ne le Noble TEsglise, ne le tiers estât.

Item, lesdits trois Estatz de Normandie sommèrement appréhandent deux choses. La première, s'est le faict de leur conscience, car ilz estiment nepovoir faire ladiete ratifficacion ainsy qu'ilz sont assemblez sans le péril de leurs âmes, actendu qu'ilz obligoroient ceulx qu'ilz n'entendirent jamais estre obligiez. Secondement, ilz craignent la conséquance pour Tav^enir, pour les expériances qu'ilz ont tous les jours de telz certains et semblables cas : car la coustume de France est que, depuis que le peuple a payé deux ou troys foys quelque tribut, il est à jamais continué, et ainsi ont esté levez tailles et autres subcides sur le peuple qui durent et dure-

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