‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 196 sur 225 · XXXIX. — 18 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

XXXIX. — 18 NOVEMBRE

Seigneurie entendeist mieulx la bonne intention de Vostre Majesté, je luy apprésenté la lectre de créance en ledit de Rabodanges et fis quelle veist l'instruction de ce qu'il pourtoit, de la quelle choses ces Seigneurs sont demeurés très contentz et satisfaictz.

Madame, en ayent moy sollicité d'avoir quelque responce de ceste Seigneurie pour la pouvoir escripre à Vostre Majesté, aujourdhuy nous l'ont baillée. Laquelle eu substance est qu'ilz sont très contentz de venir à la conclusion de la lygue avec ycelles conditions que Vostre Majesté a envoyées, et qu'ilz ne désyrent aultre chose plus que la libération du Roy, pour laquelle ilz feront toutjours de tout leur pouvoir; mais ce sera au cas que le Pape vueille luy aussy entrer et contribuer à cestedicte lygue, en allégant que eulx toutz seulz ne pourroyent faire ne maintenir ycelluy nombre des gentz de guerre que Vostre Majesté demande.

A présent, fault actendre de scavoir ce que ledit conte de Carpy aura bessoigné et fait avec le Pape ; et ou a espoir le pouvoir entendre par tout demain. Sufïist que ycy on a faict et impétré tout ce que Vostre Majesté désire.

Madame, en ayant moy demandé k ceste Seigneurie, sy le Pape failloit à entrer en ceste lygue et confédéracion, sy elle se contenteroit le faire en se contentant de ce Vostre Majesté, m'a respondu qu'elle ne me pouvoit à ce faire responce, car on n'en a jamais parlé en leur Conseil, mais qu'on attendeist d'entendre la résolucion du Pape et que selon ycelle on pourroit puis après mieulx en diviser. Madame, il me semble voir ceste Seigneurie ainsy bien animée contre les Espaignolz et ainsy bien disposée à vous faire service, que au cas que le Pape ne veulsist entrer en ceste confédéracion et que Vostre Majesté adjouxtast quelque aide davantaige plus d'ycelle qu'elle veult maintenant bailler, que d'aventure elle toute seule y entreroyt.

Madame, es articles qui m'ont esté envoyés on ne faict aucune mention des horsyssus et bannis àprésent de Millan. Plaira à Vostre Majesté de sa grâce de me faire adviser, que sy on aura à capituler ycy, en quelle manière je me auray à gouverner en cestuy affaire ycy. Madame, affîn que Vostre Majesté entende en quelle manière sont passées les choses entre le duc de Bar et le marquis de Pescquare, vous envoyé avec cestes les demandes et responces faictes d'ung cousté et d'aultre. Depuis, on a entendu comment ledit Marquis a mis dedens Millan quasy toutes les gentz impérialles et a comencé à faire emfermer le chasteau ; et dit-on qu'il veuit faire aussv fortifier Millan. Ledit Marquis est fort malade et

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