XL. — 21 NOVEMBRE
Majesté scauroit désirer ; et extime que la France ne despendit jamais argent qui luy apportast tant de prouffit ne d'honneur que faira cestuy ycy. Alla quelle chose quand Vostre Majesté feist difficulté, certainement letoutseroit gasté ; car le Pape imagineroit d'estre trompé et n'en penseroit pas moins ceste Seigneurie. Car en voulant-on faire à bon essiant et payer ce que on promect, de petite importance est à Vostre Majesté les asseurer et remectre la somme en Italye, en ayant-on à la parfin à la remectre.
Et telle provision est requis de la faire soubdainement. Car il est impossible que cestuy traicté ne viegne à la notice de l'Empereur, et, en estant-il adverly, faira toutz les propoz au Pape et à ceste Seigneurie. Et facillement pourroit advenir qu'il promectera de remectre es mains du Pape la duché de Millan, en alléguant et soy excusant que tout ce qui a esté jusques au présent faict a esté sans son sceu et contre son vouloir. Car bien coguoit sa Majesté que contre ceste ligue ne pourra tenir ledit duché et qu'il mect le royaume de Naples en évident dangier, oultre les aultres travaulx qu'il peust recevoir des plusieurs autres coustés.
Et, si de par deçà sera apercheu que Vostre Majesté viegne bien délibérée et de franc courraige à ceste emprise, je suis certain que, quand bien le Pape faillist de soy confédérer, ce que je croiz que ne faira, ceste Seigneurie ne faillira de soy unir elle seule avec France. Mais, quand aussy on s'appercheust que Vostre Majesté feist difficultés à ce que on luy demande maintenant, en estant à si grand vostre prouffit, ung chascun craindroit que eussiés quelque aultre espérance pour la délivrance du Roy, et par ainsy ung chascun penseroit à se sauver au mieulx qu'il pourroit.
Par l'amour de Dieu, Madame, ne vueillés perdre telle occassion, laquelle à mon oppinion seulement vous demeure pour la délivrance du Roy et pour la conservation de vostre royaume. Et, s'il vous semble de ne adjouxter foy à ce que touts jours vous ay escript et vous escript à présent, cuidés à tout le moins aux manières que l'Empereur a jusques ycy usé pour vous tromper; etsaichés que ne luy fauldront d'autres moyens semblables mais que le vueillés croire.
Madame, je suis adverty que le conte de Carpy vous a escript par l'autre chemyn les difficultés qui fait nostre très sainct Père et ce que sa Saincteté demande, alla quelle chose je me reporte. Et extime qu'il aura aussy décifïré l'article touchant les vi'" hommes de pied et les xn galères. Les quelles choses en estant mestier de les payer de la somme de xl™ ducatz, et que le Pape désirast que,