‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 20 sur 225 · ARMEMENTS DE LANGLETERRE EN · texte numérisé non relu

ARMEMENTS DE LANGLETERRE EN

amitié tandis qu'il mettrait à exécution les entreprises qu'il méditait en Italie, Louis XII épousa, le 11 octobre 1514, la princesse Marie d'Angleterre, sa sœur (1). A ce propos, Mignet écrit que ce prince s'engagea à payer à Henri VIII 600.000 écus et reconnut à Marie une dot de 400.000 écus; il y a ici une confusion. Mignet a cru qu'il fallait décompter du million toute la dot de la princesse, qui était effectivement de 400.000 écus ; mais la moitié seulement en devait être payée par une quittance à valoir sur le million; le reste était représenté par des joyaux et objets mobiliers. En somme, ce fut donc de 800.000 écus et non de 600.000 écus que Louis XII resta redevable envers son beau-frère (2).

A son avènement à la couronne, François I^r, préoccupé comme son prédécesseur d'avoir les mains libres pour la conquête projetée du Milanais, s'empressa de renouveler le traité de Londres ; par acte en date du 5 avril 1515, il confirma la cession de Tournay et la promesse d'acquitter la dette contractée l'année précédente (3). La quittance représentant la moitié de la dot de Marie d'Angleterre ayant été annulée, le nouveau roi devint débiteur du million entier, déduits seulement les 50.000 francs déjà payés au terme échu de novembre 1514.

La neutralité si chèrement achetée de l'Angleterre ne dura guère. A vrai dire, il ne semble pas qu'Henri VIII, malgré la confirmation du traité de Londres, ait jamais eu l'intention de demeurer neutre. Ce ne fut pas sa faute si les hostilités n'éclatèrent pas durant l'expédition de François I^r en Italie ; il avait à cette époque tout préparé pour la guerre ; une flotte avait été armée, des troupes réunies; le jour même'oîi parvint à Londres la nouvelle de la bataille de Marignan, on y était occupé au baptême d'une galère de dimensions gigantesques qu'on venait de construire (4). La victoire de François 1er coupa court à ces démonstrations belliqueuses et mortifia cruellement le roi d'Angleterre. Lorsque l'ambassadeur français lui en fit part, il ne parvint pas à cacher son dépit (( tellement qu'il sembloit à le voir, écrit ce diplomate, que les larmes luy deussent tumber des yeux, tant il les avoit rouges de la peine qu'il souffroit d'ouyr et entendre les boinies nouvelles et prospérité du Roy (5) ».

(1) Rymeu, XIII, 413-423 et 4i;3-4z7.

(2) Cf. Mir.NKT. I, 53-54, à rapprociu-r du lexto des traités oi des comptes originaux (Ar. Nat. KK. 349).

(3) Rymer. XIII, 476-487 et 487-491.

(4) Rob. (le Hai)aume à Madame. Londres (i iiox (-inhiv 1515, Ai-. Nat. J. 965, 1, 12 (dans J. 966).

(5) Id., fhid.

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