LE TRAITÉ DE CAMBRAI
Loin dï'lve découragé d'ailleurs, Henri VIII reprit bientôt ses intrigues. Il offrit Cent mille couronnes à Maximilien d'Autriche et chargea sou représentant Rie. Pace d'appuj-er ce besogneux Empereur auprès des cantons Suisses. L'entreprise échoua : les Suisses se divisèrent et Maximilien manqua de hardiesse ; après avoir conduit son armée aux portes de Milan, hanté de je ne sais quels rêves sinistres, il l'abandonna précipitamment; elle se dispersa d'ellemême (1). — En dépit de ce lamentable échec, Henri, toujours animé contre François, essaya de nouer contre lui une nouvelle coalition : le 19 octobre 1516, une ligue pour la défense de l'Église fut conclue à Londres entre le Pape, l'Empereur, le roi Charles d'Espagne et le roi d'Angleterre (2). Mais, des quatre confédérés, deux au moins étaient d'accord avec François 1er ; le Pape s'était entendu avec lui à Bologne, et le jeune Charles d'Espagne était devenu son allié au traité de Noyon du 13 août 1516; l'adhésion de l'Empereur à cette dernière convention avait même été ménagée par un article qui en réglait d^avance les conditions. Les instances de de Charles auprès de son aïeul assurèrent quelques mois plus tard la réalisation de cette éventualité : Maximilien accepta, le 3 décembre 1516, les bases posées à Noyon; puis, le 11 mars 1517, il signa le traité de Cambrai qui consacrait une confédération en forme entre le roi d'Espagne, celui de France et lui (3).
Henri VIII n'avait plus d'alliés. Il lui était impossible de persister dans son attitude hostile à l'égard du tout-puissant François V, demeuré maître incontesté du Milanais et devenu l'ami de tous ses voisins du Continent. Un rapprochement s'imposait, sous peine d'en venir à une rupture ouverte et de voir interrompre le service des annuités de 100.000 livres. Malgré la mauvaise volonté manifeste des Anglais, ce service n'avait pas encore été discontinué (4), mais il était à craindre que cette longanimité n'eût un terme. Le Roi de France, délivré de toute inquiétude du côté des Suisses et de l'Empereur, était désormais en situation de demander des comptes à Henri VIII. Heureusement pour ce dernier, le traité de Londres avait laissé entre les deux Cours une question pendante, celle de Tournay. Les Français tenaient beaucoup à recouvrer cette place, tandis que les Anglais n'avaient qu'un médiocre intérêt à la conserver. Des négociations s'engagèrent; elles furent longues : pendant toute l'année 1517 et les six premiers mois de 1518, on dis-
(1) Cf. MiGNET, I, 101-107, et W. BuscH, Drei Jahre.... pp. 5 et suiv.
(2) Du Mont, iv, 1, 240.
(3) Idem, iv, 1, 224-228, et Léonard, ii, 158.
(4) Cf. Comptes originaux de 1514 à 1521, Ar. Nat. KK. 349.