XLI. — 26 NOVEMBRE
venu d'Espaigne, le Roy fait très bonne chière, aianl recouvert l'appétit, le repos et sa première et acoustumée force, le tenant en bonne et parfaicte santé et hors de tout péril et dangier. Et ont esté rappeliez Messes d'Ambrun et premier Président pour reprendre les communications qui avoient esté faictes de la délivrance dudict Seigneur. Et cependent, ma fille est demeurée avecques luy pour continuer à le consoler et servir, comme elle a fait jusques à présent; dont il avoit bon besoing, comme vous povez penser. De ce qui se fera vous serez incontinent advertiz pour le faire entendre à mondit seigneur le Cardinal.
Vous advisant au reste que j'ay entendu de bon et seur lieu que les affaires de l'Empereur ne sont bien en Itallye, maiz en grant trouble; et pour ceste raison a mis et mect toute la paine et dilligence qu'il a peu et peut de gaigner le Pape et par son moyen la Seigneurie de VenisCé Toutesfoys, jusques icy, ilz sont demeurez fermes et en bonne voulonté d'entrer en ceste ligue et la conclurre de leur part comme ilz dient ; et^ quant à la myenne, suivant l'adviz et bon conseil du roy d'Angleterre et de mondit seigneur le Cardinal, j'ay envoyé povoirs amples, bons et soufïîsans pour y mectre fin. Maiz, pour autant que toute l'Ytallye ha grande espérance audit roy d'Angleterre et audit seigneur Cardinal pour les avoir congneuz aymer et désirer la liberté et conservation d'icelle, ilz vouldroient et désirent qu'il pleust audit seigneur roy d'Angleterre entrer en ladicte ligue et pour ce fère envoyer povoir à son ambassadeur estant à Rome. Ce que vous remonstrerez audit seigneur Cardinal, en le persuadant, pour le bien universel de toute la chrétienté et bien de paix, y vouloir entendre et souvent escripre et fère escripre au Pape et à Venise qu'ilz concluent ladicte ligue, sans plus deslayer, ne dissimuler, ne eulx arrester à ce qui leur est proposé et mis en avant par l'Empereur. Lequel, par les effectz de ses ministres, on peutclèrement juger qu'il aspire non seullement à sa couronnacion, mais à soy fère monarque et mectre pour le premier en totalle subjection l'Ytallye, et avecques le temps tout le demeurant de ladicte chrétienté.
Vous advertirez aussi ledit Cardinal du mariaige fait par ledit Empereur avecques la seur du roy de Portugal, principallement pour par icelle recouvrer une somme d'argent qui luy a esté offerte, de laquelle il pense fère son voyaige de Romme. Lequel ne luy sera si facille qu'il cuyde, ladicte ligue faicte et estant le Roy fort par la mer comme il sera.
Cest après disnée, les ambassadeurs dudit roy d'Angleterre sont