L. — 18 .JANVIER
quarante mille clucatz, et pour la guerre delà marine bailloit douze gallères sub tiers soudouiez du sien : qui estoit par moys, lesdictes douze gallères soixante et douze mille livres, les cinq cens hommes d'armes seize mille cinq cens livres, et lesdits quarante mille ducatz, qui est en somme toute cent soixante huit mille cinq cens livres par moys ; et oultre, les renonciations que faisoit de Milan et de Napples.
Et, estanslesditz articles prestz cà signer, seroit arrivé à Rome ung gentilhomme venant d'Espaigne, lequel, aA^ec le duc de Sixe et arcevesque de Cappoue, auroient induit le Pape à différer ladicte conclusion et signature pour deux moys, qui escherront au xiuinie jour du moys de février prochain venant. Etluy promyrent que dans iceulx deux moys l'Empereur bailleroit entièrement la duché de Milan au duc de Bar etferoit retirer ses gens d'armes, c'est assavoir les gens de pied lausquenetz en Allemagne, les gens à cheval à Napples et ceux de pied espagnolz à la Sécille contre les infidelles ; et, ce fait, se tasclieroit à faire une paix universelle. Et, là où ledit Empereur dans icellui temps n'auroit fourny à ladicte promesse, le Pape concluroit la ligue que dessus avec France et Venise.
Lesdictes convenances n'ont esté trouvées bonnes, ne du cousté de madicte Dame, ne par ceulx de la Seigneurie. D'autant que l'opportunité s'estoit adonnée et que facilement et à peu de deniers l'armée dudit Empereur eust esté deffaicte ; dont s'en feussent ensuiviz les effectz que chascun peut congnoistre et entendre. Et fût provenue la cause d'icelle dclîaicte d'autant qu'avoient perdu leur chef, dont estoient estonnez grandement, n'avoient aucuns deniers ne moien pour en avoir, et la soulde de longtemps leur estoit deue. Tout le peuple d'Ytallye, tant guelphes que gibelins, pour les maulx qu'ilz ont souffert d'eulx, leur porte un grand hayne. Et avec ce, de présent sont peu de gens. A ceste cause, ladicte Seigneurie, sans soy arrester au Pape, voyant et considérant l'émynent péril qui pourroit advenir, non seullement à ceux d'Ytallye, mais à toute la chrestienté, si ladicte ligue ne se faisoit et si à heure ne se obvyoit aux entreprinses dudit Empereur, a mandé à madicte Dame que, si le plaisir du roy d'Angleterre et d'elle estoit faire une ligue avec eulx ensuivant les articles qu'ilz ont envolez, que de leur part ilz traicteroient et contribueroient pour le tiers.
Lesquelles choses madicte Dame a communiquées aux ambassadeurs dudit roy d'Angleterre estans lès elle, et les a priez bien fort de le vouloir faire entendre au Roy leur maistre et à mondit seigneur le cardinal d'Yorc, affin que leur plaisir soit de considérer Testât des affaires que de présent occurrent et ont lieu en la