‹ La politique extérieure de Louise de SavoieChapitre 214 sur 225 · LI. — 18 JANVIER · texte numérisé non relu

LI. — 18 JANVIER

que plus ne pourroit. A laquelle ycelluy Empereur peult obvier en se contantant du sien, nequérant avoir l'autruy, deslivrant le Roy très chrestien avec honnestes condicions, satisfaisant audit seigneur roy d'Angleterre de ce qu'il luy doibt, promectant n'aller à Romme sinon en son simple estât comme feirent Sigismont et Frédéric ses prédécesseurs, pour éviter que Testât d'Ytallye ne soit de nouveau troublé. Lesquelles monitions sont si très justes et raisonnables que plus ne pourroiont, et telles que, s'il les refuse, justement et raisonnablement l'on pourra prendre les armes contre luy, et sera une saincte et fructueuse œuvre, et ceulx qui y tiendront la main auront l'amour, grâce de Dieu et du monde et parviendront à leur obtat. Et, oultre, ne fault craindre icelle déclaration, car ledit seigneur roy d'Angleterre se déclaire assez en voulant promectre au Pape que madicte Dame tiendra ce qu'elle promectra, dont madicte Dame k remercye bien fort. Et ne croit madicte Dame que le seigneur roy d'Angleterre se voulsist arrester à l'argent que conviendra fraier; d'autant que, grâces à Nostre Seigneur, il en est bien aise, et ne se scauroit emploier en meilleure ne plus salutaire œuvre, et si sera remboursé sur les acquêtz qui se pourront faire ; et avec ce, Casai son ambassadeur a dit, ainsi qu'elle a sceu par le cousté de Venise, qu'il frayeroit voulentiers vingt cinq mille ducatz par moys. Et ne fault oblier l'obligation perpétuelle que ledit seigneur Roy très chrestien aura envers ycelluy seigneur roy d'Angleterre et cardinal d'Yorc, et aussi tout le royaume, de ce qu'il aura esté cause de la délivrance dudit Seigneur, en sorte que jamais n'emploieront ledit seigneur Roy très chrestien en chose qu'il ne soit prompt, prest et appareillé de la faire pour l'amour d'eulx.

Faict à Sainct Just sur Lyon, le xvinme jour de janvier l'an mil cinq cens xxv.

LOYSE. ROBERTET

18 janvier 1526.

Madame au comte de Carpi.

B. N. ms. fr. 3091, f"'- 6 el 7. — Original.

Mon cousin, après vous avoir envoyé ma finalle résolution et conclusion touchant le traicté pourparlé entre nostre sainct Père, Vénitiens et moy et depuis cscript de accellérer l'euvre, ay receu voz lectres par lesquelles me mandez ce que nostredit sainct Père a traicté avec l'Empereur et les causes qui l'ont meu de ce faire. Sa

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Saincteté m'enescript ung bref. S'il eustpleu à icelle, ainsi que me mandez, mectre aux articles la délivrance de mon Seigneur et filz comme la ducbié de Milan, eusse eu cause me contenter. Maiz les articles, ainsi qu'ilz sont passez, tendent totallement au prouffît de l'Empereur et sont contre le bien de sa Saincteté, Vénitiens etmoy. D'autant que n'aurons jamaiz la faculté d'exécuter nostre entreprinse telle que avons à présent. La mort du marquis de Pescare les avoit fort estonnez et estoient sans argent et chef, hays d'ung chacun et peu de nombre. Dans le temps de deux moys ledit Empereur se renfforcera de l'argent qu'il espère recouvrer de Portugal et de ses pays, envoyera quelque bon chef en Itallyeet renforcera son armée de gens et si fortiffiera quelques villes pour retirer son armée où nécessité le contraindroit, qui sera occasion de prolonger la guerre.

Mon cousin, pour le désir que j ay à la [délivrance et de]

mondit Seigneur et filz, combien que eusse seullement promis douze gallères pour le fait de la marine, toutesfoiz, comprins cela, faitz dressé une grosse armée sur mer bien équippée de toutes choses, qui eust grandement servy à l'euvre encommancée.

Je ne voy en ceste affaire que ung remède, si nostre sainct Père le treuve bon, lequel est honneste et raisonnable, et par icelluy contraindra l'Empereur a luy tenir ce qu'il luy a promis, et, au deffault de ce faire, son excusacion de prendre les armes sera la plus justifRée et raisonnable qui se pourroitdire: c'est assavoir que dès à présent se face le traicté de la ligue et confédéracion encommancée et tel que avons entre nous conclud et advisé, que l'effecl soit suspendu jusques au temps qu'il a accordé à l'Empereur et que, si dans icelluy l'Empereur ne tient ce qu'il luy a promis et ne délivre le Roy avecques honnestes condicions, sans la délivrance duquel la paix universelle ne se peut faire, l(>dit traicté de ligue sortira son effect et sera mis à exécution ; et pareillement, où ledit Empereur dans ledit temps se vouldroit faire plus fort en Itallye qu'il n'est à présent, qui seroit déclaracion de ne voulloir tenir sa promesse, dès lors ledit traicté fait entre nous se pourroit exécuter. Si le plaisir de sa Saincteté est que les choses se concluent ainsi, il parviendra plus facillement à ce qu'il demande que autrement et ne luy scauroit-on imputer chose qui ne soit honneste et raisonnable. Et, où nostre sainct Père ne trouveroit ceste ouverture bonne, me donnera occasion de penser qu'il y a (luclquc autre chose qui n'est venue à congnoissance.

La guerre a assez longuement duré; il [seroit] bien temps d'y mectre fin. Je feray ce qu'il me sera possible pour y parvenir,

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