LUI
Madame à Brinon.
28 janvier 1526.
Ar. Nat. J965, 4, 8 (dans J 966), et Rec. Of. Brewer, iv, 1929. — Original aux Ar. Nat., et copie de la main du secrétaire de Brinon au Rec. Of.
Au dos : A Monsi' le chancellier d'Alençon, conseillier du Roy et ambassadeur en Angleterre.
Monsi" le Chancellier. Après avoir demourê quarcntc jours sans avoir nouvelles du Roy, ce matin est icy arrivé le mareschal de Montmorency, lequel, entre autres choses, m'a dit que la conclusion de la paix et délivrance du Roy est faicte et arrestée. Maiz il ne
Jacqueton, Louise de Savoie. 27
418 Lin. — 28 JANVIER 1526
m'a sceu dire les condicions contenues en icelles, pour estre party soudainement et n'avoir voullu actendre les escriptures faictes sur ce. Par quoy, je ne vous puis, pour ceste heure, faire entendre les particularitez de ladictepaix jusques à ce qu'elles soient venues en mes mains ; qui sera bien tost, pour autant que, avant le partement dudit Mareschal, le Roy avoit ordonné la despesche de celluy qui devoit venir devers moy avecqueslesdictes escriptures.
A ceste cause, je vous prie faire le tout bien entendre à Monsi" le Cardinal mon bon filz, et au roy d'Angleterre, s'il estdecest adviz; en les asseurant que, lesdictes escriptures venues, je dépescheray le S^" de Vaulx, mon maistre d'ostel, pour aller en toute dilligence par delà, par lequel ledit seigneur roy d'Angleterre et Cardinal entendront amplement toutes choses, comme à son arrivée devers vous il vous dira. Cependent, vous mercierez ledit seigneur Cardinal des bons, sages et prudens advertissemens, adviz et oppinions qu'il me donne de jour en jour. En quoy je congnoiz de plus en plus l'amour, affection et grant zelle qu'il a au bien du Roy^ de ses affaires et ceulx de sou royaume ; qui nous rend tous envers luy très tenuz et obligez; luy priant y voulloir continuer et persévérer, oomme on a en luy parfaicte fiance.
Au demeurant, on est après à recouvrer ce qui reste pour satisfaire aux obligacions qui doyvent estre baillées audit seigneur roy d'Angleterre pour le fait des traictez faitz avecques luy, comme savez. Et s'i est jusques icy fait et encore fera toute extrême dilligence, car c'est chose de laquelle je me veuil acquicter, comme raison est et que je le désire. Mais je vous prie remonstrer audit seigneur Cardinal que les Estatz de Normendie ne se pevent tenir ny assembler que ce ne soit le moys de mars prouchain, tant pour la foulle et despence que c'est au pays que pour les bons personnages que j'ay depputez pour y assister de par moy, et mosmenient le Grant sénoschal, évesque de Lisieux et autres qui ont crédit et auctorité audit pays tel que vous savez ; lesquelz plus tost n'y pevent estre. Par quoy il est besoing qu'on entende la cause qui y fera quelque petit retardement, qui est telle que je vous escriptz cy-dessus ; asseurant ledit seigneur Cardinal que, en tout et par tout, seront satisfaites et accomplies toutes choses promises pour l'entretènement de ladicte paix et traictez faitz. Mais, oultre cela, toutes autres honnestes choses qui se pourront faire pour les corroborer, maintenir et perpétuellement asseurer d'une part et d'autre se feront toutes et quantes foyz que ledit seigneur Cardinal advisera et trouvera bon qu'il se doyve faire.