OBLIGATION DES GÉNÉRAUX
gneur de Semblançay, ancien Général au département de Languedoc, qui avait gardé depuis sa résignation des attributions analogues à celles des Généraux. De leur côté, les marchands n'épargnèrent ni sollicitations ni gratifications : ils dépensèrent en France 1.400 écus (( pour le vin du marché » ; ils en avaient déjà distribué en Angleterre plusde 10.000 (1). Ces arguments eurent raison de toutes les résistances. Il fut convenu que les Généraux « se obligeroient et submectroient de payer au Cardinal d'Yort et à Jehan Héron, Trésorier de la Chambre du roy d'Angleterre, la somme de sept mille escuz d'or soleil par chacun an jusques au temps et terme de soixante cinq ans lors prochains ensuivans et consécutifz » (2). Ces soixante six annuités de 7.000 écus faisaient un total de 462.000 écus, somme sensiblement équivalente à 98.000 livres sterling (3) ; elles assuraient donc et au-delà le paiement intégral de la créance du roi d'Angleterre. Celui-ci d'ailleurs restait complètement en dehors de la transaction ; il en était de même du roi de France. Dans l'obligation obtenue des Généraux, il n'était question ni de l'un ni de l'autre ; tout se passait entre les Généraux, le Cardinal et Jean Héron. Ajoutons que l'obligation ne devait être remise ni à Wolsey ni au Trésorier de la Chambre, mais bien aux marchands intéressés. Ceux-ci garderaient de la sorte par devers eux l'acte récognitif de leurs créances sur les Généraux, mais les paiements seraient faits directement entre les mains des tiers, dont ris étaient eux-mêmes débiteurs et qu'ils avaient subrogés dans leurs droits : c'était une saisie-arrêt mise par les Anglais sur les sommes dues par les Généraux aux marchands. — On a vu que l'obligation des Généraux était de 462.000 écus ou 98.000 livres sterling; elle dépassait par conséquent de 20.000 livres sterling la créance d'Henri VIII sur les marchands. C'est qu'eu effet, pour décider les financiers français à passer cet acte, on leur avait promis de nouvelles avances de fonds correspondant à cette majoration. Ces 20.000 livres sterl., le roi d'Angleterre devait, croyons-nous, les fournir aux marchands. En tous cas, ceux-ci avaient pris l'engagement de « payer et délivrer comptant es mains desdits de Semblançay et Généraulx la somme de 70.000 écus d'or soleil », inférieure d'un quart environ à 20.000 livres sterl. (4).
L'obligation dont on avait arrêté les termes à Ardres fut passée en
(1) P. J., XXVI. (2) B, N. ms. fr. 10385, f" 2 v».
(3) La 1. sterl. anglaise 6tait alors taillée à raison de 32 à la livre pesant, taudis que l'écu au soleil, de 70 au marc, l'était à raison de 140 environ. (1) B. iN. ms. fr. 10.385, loc. cit. et P. J., xxi et xxvi.